Héritière de la grande tradition Panhard, la 24 a été et reste une voiture exceptionnelle à tous les points de vue : élégance, aérodynamisme, finition, sécurité, tenue de route, visibilité, confort, brio, etc…

Si tous ces qualificatifs ont toujours été la panoplie de la « Maison », il en est de même sur le plan sportif, sur lequel les PL d’après guère avaient bâti leur réputation.

La 24 doté dotée du fameux bi-cylindre dessiné par Louis Delagarde, atteignait là, son ultime évolution.

Depuis sa sortie en 63, la 24 se trouva bien esseulée pour reprendre le flambeau et assumer le lourd héritage de ses devancières.
D’autant qu’au début de ces années soixante, la concurrence avait fait un pas de géant et rattrapé l’avance que Panhard s’était octroyé dès l’après guerre, sanctionné par une moisson de lauriers impressionnante en compétition.

Pourtant, cette brave voiture ne baissa pas les bras et se transforma en bête de rallye. Il fallut attendre 1965, 2 ans après sa sortie et de nombreuses victoires pour que Citroën et son service course s’intéresse à la 24CT.

D’abord les pilotes amateurs bien sûr, les sans grades, qui n’eurent pas peur d’ouvrir la voie, « d’y aller pour voir », confiants qu’ils étaient aux qualités routières de la voiture, malgré une mécanique bien en retrait, comme Despointe, vainqueur du Xème rallye du pétrole :

Mais celui qui, incontestablement, donna à la fois la mesure de son talent et les lettres de noblesse à la 24CT dans les compétitions internationales, fut Jean Claude Ogier.
Un sacré pilote de rallye.
Associé à Lucette Pointet, il pilotera quelques fois en compagnie de son frère, pour laisser Lucette jouer son va tout dans les coupes des Dames, toujours sur une 24, co-pilotée par Melle Fougeray.

Ces deux équipages trusteront un grand nombre de victoires sur leur 24 CT : incroyable !

Voici quelques faits d’armes impressionnants (classements et commentaires) imagés par des photos d’époque.

1965 :

Lyon-Stuttgart-Charbonnière

Ogier - Pointet = 10ème au Général et 5ème des Tourismes de série.
Commentaire : « La dixième place d’Ogier-Pointet au volant de leur Panhard est une performance de choix qui doit servir de consolation à la firme de Javel ».

Cîme du Mas : (course de côte )
Ogier = 9ème du Général
Tour de Corse :
Ogier - Pointet = 1er de leur classe.

Critérium des Cévènes :
Ogier - Pointet = 1er de leur classe.

1966 :

Rallye des Routes du Nord :
Ogier – Ogier = 10ème du Général, 2ème à l’indice, 1er de leur classe.

Rallye du Limousin :
Ogier – Pointet = 7ème du Général des Tourismes de série et 6ème à l’indice.

Commentaires : « L’ultime coup du sort de ca rallye frappait le malheureux Ogier, dont le moteur stoppait en pleine averse et repartait plusieurs minutes plus tard après qu’Ogier eut tout vérifié, nettoyé et séché. Cela lui valait malheureusement 8 minutes de pénalisation. Il perdait ainsi la victoire à l’indice, la 3ème place au général en Tourisme et la 6ème place au Général absolu s’il y en avait eu un : pas mal pour une 24CT ! »

Rallye de Genève :
Ogier – Ogier = 3ème au Général derrière une Cortina Lotus et une Cooper S !
Melles Pointet – Fougeray = 11ème du Général et vainqueurs de la Coupe des Dames.

Commentaires : « C’est le secteur St Gervais / St Pierre de Chérennes que se situe l’exploit de ce rallye : Ogier qui, au volant de sa Panhard 24CT, n’a pointé (sans Lucette) qu’avec 2mn de retard. En revanche, ce tronçon fut fatal à Gérard Larousse. »

Lyon-Charbonnières :
Ogier – Pointet = 10ème au Général.

Commentaires : « La marque du Quai de Javel qui n’avait engagé qu’une voiture : une Panhard 24CT, peut se féliciter de la 10ème place que lui ramènent Jean-Claude Ogier et Melle Pointet. »

Rallye des Cévennes :
Ogier – Pointet = 1er de leur classe.

Commentaires : « Trois semaines après l’excellent résultat obtenu en Corse, Jean-Claude Ogier, toujours associé à Lucette Pointet, apportait à René Cotton, une nouvelle victoire de classe. Très à l’aise sur la neige, la Panhard 24CT dominait de bout en bout ses rivales : Saab, 1093, etc… »

Rallye de l’A.C.O. : Avril 66 :
Ogier – Pointet = 1er à l’indice.

XXIIIème Rallye de Lorraine :
Ogier – Pointet = 1er au Général Tourisme et 1er à l’indice.

Commentaires : « Magnifique performance de Jean-Claude Ogier qui réussit à mener sa Panhard 24CT à la tête du classement Scratch et l’indice de la catégorie Tourisme de série devançant Cortina Lotus et Alfa GT. »

Ou encore

« Voilà une magnifique victoire pour le pilote officiel Citroën. Ecopant d’une minute de pénalisation au Prè de l’Orme, Ogier s’installa définitivement au commandement du Groupe 1, lorsqu’il accomplit sur la route des Crêtes un véritable exploit en réalisant sur les 21 km de cette épreuve le meilleur temps scratch (et de loin) en devançant de plus de 54’’ son suivant immédiat, Barret. Pourtant au départ de cette épreuve, il était parti énervé : un concurrent maladroit lui avait cassé un anti-brouillard qu’il avait du changer en catastrophe, et en plus, la neige avait fait son apparition et la visibilité était très réduite. Au contrôle horaire suivant, un fusible mal contacté lui donna des émotions, lorsque d’un seul coup, moteur et lumières s’éteignirent ! »

Neige et glace :
Ogier – Pointet = 1er de leur classe

Commentaires : « Malgré les traces très visibles d’une… marche arrière involontaire, l’infatigable 24CT de J-C Ogiet-Lucette Pointet repart gaillardement vers une nième victoire de classe. Ogier termina très fort. »

IVème Rallye national de l’Ouest :
Ogier – Pointet = 1er de leur classe.

Commentaire : « Tout comme Gréder, Jean-Claude Ogier semble avoir pris, et sa Panhard 24CT avec lui, un abonnement au succès dans les épreuves routières 1966.
Toujours en compagnie de Lucette Pointet, Ogier victorieux de sa classe, bien entendu, rencontrait pourtant une sévère opposition en la personne de Buchet sur une Fiat 850 particulièrement affûtée. »

1967 :

24h du Nurburgring (septembre) :
43 partants, 13 classés.
Pierrat-Mermond-Defaud = 9ème au Général et 4ème en régularité avec 268 tours !

Il faut bien entendu rajouter à ces courses pures et dures, les inévitables épreuves « Economie Mobil Run » où les 24, surtout en version B, écrasèrent la concurrence : mais la sobriété légendaire du bi-cylindre n’était plus à prouver.

Alors, qui douterait encore de la fabuleuse efficacité de cette voiture. Une telle somme de qualités ne pouvait donner que de bons résultats et si la 24CT disposait d’une puissance relativement faible, J-C Ogier avait su tirer un magnifique parti avec une impressionnante série de victoires en 1966.

Il fallait vite que la DS prenne le relai sinon la marque aux chevrons allait subir les pires affronts : ce sera fait en 1967.

Charly RAMPAL