DYNAMIC 1939 MODELES 140 et 160 : COMMENT CA MARCHE ?
La Dynamic (1936-1940) a été la première voiture de luxe à adopter une carrosserie aérodynamique autoporteuse.
Proposée d’abord en Dynamic 130 14 CV type X76 et Dynamic 140 16 CV type X77, elle sera vite épaulée par une puissante Dynamic 160 22 CV type X80.
La X76, sous motoridée, disparétra rapidement.
Le problème fut que la Dynamic est sortie à contretemps de l’Histoire ; en 1936, Le Front Populaire est au pouvoir et les nuages de la guerre se profilent à l’horizon.
Pendant la guerre les élégantes Dynamic se verront greffer des gazogènes comme de monstrueuses verrues.
Quelques unes seront encore assemblées jusqu’en 1948 mais uniquement à partir des jeux de pièces restés dans les usines, les outillages ayant été détruits pendant les bombardements.
Pour bien la comprendre, mettons nous à la place d’un de ces riches acquéreurs et voyons les « contraintes » d’entretien qu’elle leur imposées.
LES DIMENSIONS DE LA DYNAMIC

DYNAMIC CARACTERISTIQUES

DYNAMIC EN ORDRE DE MARCHE

LES PRECAUTIONS GENERALES A PRENDRE POUR UNE IMMOBILISATION
Dévisser le raccord du réchauffage du carburateur ce qui vide le bloc cylindres et la pompe à eau.
Profiter de l’immobilisation du véhicule pour effectuer complètement et soigneusement les nettoyages et vidanges prévus et indiqués au chapitre entretien.
Enduire d’huile ou de graisse les pièces métalliques non peintes, susceptibles d’oxydation.
Vidanger le réservoir d’essence et la nourrice en charge de façon à éviter la formation de dépôts minéraux et la perte d’essence par évaporation.
Isoler les pneumatiques du sol en mettant la voiture sur chandelles. Leur éviter le contact de l’huile. Réduire la pression des pneus d’environ 50 % et veiller à ce qu’ils soient soustraits aux rayons solaires.
Faire tourner (au moins deux fois par mois) le moteur à l’aide de la manivelle dix à douze fois, pour éviter le gommage consécutif à une longue période.
La voiture étant sur chandelles, éviter de laisser le frein à main.
BATTERIE D’ACCUMULATEURS
Tous les 15 jours, vérifier le niveau de l’électrolyte et mettre en charge de 5 à 10 ampères-heures pour éviter la sulfatation.
Ne pas oublier de dévisser le coupe-circuit après cette opération.
Si on ne dispose pas de poste de charge, le meilleur moyen de conserver la batterie en bon état est le l’enlever, de vidanger l’électrolyte et bien la sécher.
Au moment de la remise en service, faire procéder par un électricien, au remplissage et à la recharge.
Précautions à prendre après une longue immobilisation
Faire la vidange d’huile du moteur.
Démonter les bougies.
Verser une dizaine de litres d’huile fraîche dans le moteur pour obtenir un barbotage des organes.
Paire tourner le moteur à la manivelle une dizaine de tours.
Nettoyer les bougies s’il y a lieu de les remonter.
Faire le plein d’eau de radiateur (à l’eau chaude si possible).
Mettre le moteur en marche et laisser tourner quelques minutes à un régime un peu supérieur à celui du ralenti.
Rétablir le niveau d’huile normal du moteur en vidangeant l’excédent versé pour le barbotage. Cet excédent pourra être utilisé après décantation.
SOINS A DONNER AUX CARROSSERIES
La carrosserie doit toujours être lavée à grande eau et partout, d’abord au jet, ensuite à l’éponge. Sécher ensuite à la peau de chamois.
Ne jamais essuyer la boue sèche sous peine de rayer la peinture.
Si l’éclat de la peinture ternit, il faut procéder à un lustrage à l’aide d’ouate imbibée de produits existants, à cet effet, dans le commerce.
1l ne faut pas oublier que l’essence, l’alcool, le liquide des freins hydrauliques, abiment la peinture.
LA CONDUITE : VÉRIFICATIONS D’USAGE AVANT LA MISE EN MARCHE
PLEIN D’EAU.
PLEIN D’ESSENCE : s’assurer de la quantité contenue dans le réservoir et compléter s’il y a lieu.
PLEIN D’HUILE DU MOTEUR (Jauge placée du côté gauche et à l’arrière du moteur, dans la tubulure de remplissage). Capacité maximum du carter 8 litres. Niveau minimum 4 litres, au-dessous duquel il ne faut pas descendre.
PNEUS NORMALEMENT GONFLES : 1 k 500
LEVIER DE VITESSES AU POINT MORT.
FREIN A MAIN SERRE.
MANETTE DE RALENTI A LA POSITION NORMALE DE MARCHE.
COUPE-CIRCUIT GÉNÉRAL VISSE A FOND.
MISE EN MARCHE
- OUVRIR L’ESSENCE et le courant, par la manœuvre de la manette prévue à cet effet, l’étoile du cadran de gauche s’allume. Attendre quelques secondes pour que l’essence ait le temps de remplir les carburateurs.
- SI LA TEMPERATURE EST BASSE ET LE MOTEUR FROID, il y a lieu d’utiliser le starter, qui a pour but de permettre, grâce à un mélange riche, un départ instantané. Placer à cet effet la manette dans la position E I
- LANCER LE MOTEUR en appuyant franchement le pied droit sur le bouton de démarreur (laisser ce dernier revenir seul à sa position initiale dés que le moteur tourne par lui-même).
- DÉMARRER.
RECOMMANDATIONS
1 – Ne pas emballer le moteur à vide, surtout lorsqu’il est froid.
2 – La descente d’une côte de plusieurs kilomètres sur une combinaison de vitesses déterminée, doit être effectuée à petite allure ou sans dépasser la vitesse correspondant à ce rapport. Il est, de plus. conseillé d’appuyer fréquemment, à fond, pendant quelques instants, sur la pédale d’accélérateur qui, nous le rappelons, commande le graissage additionnel, proportionnel au régime du moteur.
3. SI LA VOITURE EST NEUVE, ne pas lui demander, dès le début, son effort maximum. Conduire raisonnablement.
4 – ÉVITER DE LAISSER TOURNER LE MOTEUR AU RALENTI inutilement et longtemps.
5 – NE PAS LAISSER LE PIED SUR LE BOUTON DE LA PÉDALE DE DÉMARRAGE.
6 – LORS D’UN DÉMONTAGE DE ROUE, et d’un remontage, bloquer les écrous soigneusement.
Les roues sont fixées par 5 écrous, vérifier leur serrage de temps à autre à l’aide du vilebrequin d’outillage.
Quand la voiture est neuve, ou si l’on vient de changer une roue, vérifier le blocage après avoir imité quelques dizaines de kilomètres.
7 – PRESSION DES PNEUMATIQUES. Les pneus gonflés à une pression inférieure ou supérieure à celle indiquée ont des effets désagréables sur la direction, la suspension, la tenue de route. La pression doit être mesurée quand les pneus sont froids et au moins tous les quinze jours.
8 – EMPLOI DU STARTER. Le starter a pour but de permettre, grâce à un mélange riche, un départ instantané quand le moteur est froid et la température basse.
Le moteur ayant tourné pendant quelques secondes, on peut alors démarrer.
Après quelques centaines de mètres, remettre la manette dans la position normale. Limiter la durée d’emploi du starter au temps minimum nécessaire pour obtenir une accélération correcte sur la position normale.
L’emploi du dispositif de départ n’est pas indiqué par temps chaud ou quand le moteur est à une température normale.
9 – CHANGEMENT DE VITESSES. Les vitesses doivent être prises sans brutalité ; leur passage est facile. S’il y a une difficulté à prendre la 1ère pour démarrer, embrayer et accélérer au point mort, pour changer les positions relatives des engrenages.

10 – EMBRAYAGE : Éviter de faire patiner l’embrayage dans une reprise. Il est préférable de prendre la vitesse inférieure.
11 – ÉVITER L’EMPLOI D’HUILES DE GRAISSAGE de caractéristiques et de qualité différentes de celles de l’huile » Panhard » demi-épaisse.
12 – FREINS. Les freins sont à commande hydraulique Lockheed. Eviter que le niveau du liquide dans le réservoir d’alimentation de descende au-dessous du niveau mini, et n’employer strictement que du liquide spécial Lockheed.
13 – BATTERIE : Soigner la batterie, c’est d’elle que dépend la marche de la voiture.
14 – AMPÈREMÈTRE : Surveiller la charge de la dynastart. La charge est normalement réglée quand. en roulant à 80-90 kilomètres, phares allumés, l’ampèremètre est à zéro.
ENTRETIENS
TOUS LES 15 JOURS
BATTERIE
ELLE est située dans le coffre arrière, côté droit. Relever la porte, soulever le tapis et enlever le couvercle C. dévisser et enlever les bouchons des éléments. Rétablir le niveau de l’électrolyte dans les éléments, avec de l’eau distillée, jusqu’à ce que les plaques soient recouvertes par 1 à 2 centimètres de liquide. (Ne jamais employer d’acide).

Pour faciliter cette opération, nous conseillons l’emploi d’un petit appareil appelé « Dysto » (fig. 20).

TOUS LES 500 KM

RADIATEUR

LE MOTEUR : TOUS LES 2.000 KM
Vidanger l’huile usagée contenue dans le carter du moteur au moyen du bouchon placé à la base de la cuvette sur le côté droit.
Après vidange, verser 8 litres d’huile fraîche par l’orifice de remplissage se trouvant sur le côté gauche du moteur.
Opérer la vidange de préférence quand le moteur est chaud et que la quantité d’huile est voisine du minimum.
Nous préconisons, après vidange, de faire un rinçage de la cuvette pour éliminer les dépôts et impuretés de l’huile usagée. Pour cela, faire chauffer une dizaine de litres d’huile à 700 environ et la verser dans le carter. Faire tourner le moteur quelques minutes. Vidanger à nouveau, et refaire le plein à l’huile fraîche. L’huile ayant servi au rinçage pourra resservir plusieurs fois pour la même opération, à condition de la filtrer soigneusement à chaque fois.
Nous conseillons de vidanger le moteur au moins tous les 1.200 kilomètres pendant l’hiver et si la voiture effectue un service de ville.
Enlever le bouchon L’huile doit arriver au bord de l’orifice.
Rétablir le niveau avec huile demi-épaisse jusqu’à ce qu’elle tende à déborder.
La capacité totale du carter de pont est de quatre litres environ.
N.-B. — Les bouchons sont à filetage conique, c’est-à-dire qu’ils ne comportent pas de joint, l’étanchéité étant obtenue par serrage du filetage. Serrer sans exagération.
DIRECTION

Les organes enfermés dans le boiter de direction doivent baigner dans l’huile, il est donc absolument nécessaire de veiller à ce que le carter soit toujours à son niveau maximum. Capacité totale du carter : 0 l 750 environ.
Dévisser et enlever le bouchon B. Par l’orifice ainsi découvert, introduire de l’huile épaisse ou de la « Valvoline » jusqu’à ce que le lubrifiant affleure l’extrémité inférieure de la tige prolongeant le bouchon B.
BOITE DE VITESSES
Vérifier le niveau et le rétablir si nécessaire. Sur le côté gauche du carter se trouve l’orifice de remplissage A. Dévisser et enlever le bouchon B, l’huile doit arriver au bord de l’orifice, sinon rétablir le niveau par apport d’huile demi-épaisse jusqu’à ce qu’elle tende à déborder. Revisser ensuite le bouchon B; La quantité d’huile normale est d’environ 1 litre. En C, bouchon de vidange. N.-B. — Les bouchons, B et C sont à filetage conique, c’est-à-dire qu’ils ne comportent pas de joint, l’étanchéité étant obtenue par serrage du filetage. Serrer sans exagération.

DYNASTART
Quelques gouttes d’huile, à la burette, dans le graisseur arrière qui est situé sous le capot, à la base du radiateur.
Donner un ou deux tours au graisseur à graisse B situé à la partie supérieure de l’avant de la dynastart. Profiter de cet entretien pour souffler dans le collecteur de la dynastart et évacuer ainsi la poussière d’usure des charbons, en démontant la ceinture C.

RESERVOIR DU LIQUIDE SPECIAL, pour les freins hydrauliques
S’assurer, en enlevant le bouchon C, que la hauteur du liquide DANS LES DEUX COMPARTIMENTS du réservoir, n’est pas inférieure au repère mini indiqué à l’extérieur. Si besoin est, rétablir le niveau avec du liquide spécial Lockheed n. 5.
Le niveau maximum (indiqué également par un repère extérieur) ne doit arriver qu’à deux centimètres environ de la base de l’orifice de remplissage.
Ce réservoir est placé sous le capot, côté gauche, à la partie supérieure du tablier.

BIELLES DE DIRECTION et MOYEU AVANT
Se trouvent de part et d’autre du moteur.
Graisser au Lub ou à la pompe Técalémit par les graisseurs A, B et C à l’huile demi-épaisse. (Les rotules sont protégées par une gaine caoutchouc formant réservoir).

DISTRIBUTEUR D’ALLUMAGE
Est situé sur le côté gauche du moteur. Enlever le couvercle porte-fils. Enlever en tirant verticalement, le disrupter rotatif. D. Mettre une ou deux gouttes d’huile sur la rondelle feutre R. Remettre le doigt D en place en s’assurant que l’ergot coïncide bien avec son encoche. Remettre le couvercle du distributeur en place après l’avoir essuyé intérieurement avec un chiffon propre et sec.

DIVERS
- Graissage au Lub ou à la pompe Técalémit des gaines de câble :
- De commande du frein à main B,
- De verrouillage de la roue libre A, sous le capot côté gauche.
- Quelques gouttes d’huile, à la burette, sur les commandes de carburateur.
- Quelques gouttes d’huile, à la burette, sur les articulations de la pédale de débrayage et de l’auto-débrayage.
PONT AR,
Vérifier le le niveau et le rétablir si nécessaire.

TOUS LES 5.000 KM
BOITE DE VITESSES.
Vidanger à chaud par le bouchon G . Refaire le plein à l’huile demi-épaisse par l’orifice destiné à cette opération.
EMBRAYAGE. Vidanger à chaud par le bouchon prévu à cet effet sur la notice d’entretien.
Refaire le plein avec 0,250 d’huile demi-épaisse par le bouchon situé sur le côté gauche du carter d’embrayage.
PONT ARRIÈRE. – Vidanger à chaud par le bouchon. Refaire le plein à l’huile demi-épaisse par l’orifice prévu à cet effet sur la notice d’entretien.
Organes ne demandant pas de graissage à période fixe : BAGUE DE MAINTIEN de l’arbre de transmission. Sur le tube de poussée du pont AR, un graisseur Técalémit permet de graisser de temps à autre la bague de maintien de l’arbre de transmission.

Graisser à l’huile épaisse ou demi-épaisse.

AXE DE POMPE A EAU
Les roulements de l’axe de pompe à eau et ventilateur sont graissés à la graisse spéciale pour une longue période. Un graisseur B permet d’y envoyer, à la pompe Lub ou Técalémit, quelques gouttes d’huile de temps en temps.

AMORTISSEURS DE SUSPENSION AVANT
Situés à l’AV, à droite et à gauche du moteur, les amortisseurs de suspension avant ne nécessitent pas de soins spéciaux.
Malgré tout, leur efficacité peut diminuer à la longue, par suite de l’usure ou de légères fuites de liquide, ce qui se traduit par un balancement presque constant de l’avant de la voiture sur une route en état normal.
Pour remplir les amortisseurs AV. enlever les bouchons A et B, et introduire à l’aide d’une seringue (lentement) de l’HUILE DE RICIN par un des deux orifices, jusqu’à ce qu’elle déborde par l’autre. Revisser ensuite les deux bouchons.

AMORTISSEURS DE SUSPENSION ARRIERE
Situés à l’AR de la carrosserie, côtés D et G, ils sont d’un fonctionnement identique à celui des amortisseurs AV. Le remplissage s’opère par le bouchon A.
SOINS A DONNER AUX VOITURES PENDANT LA SAISON D’HIVER ET LES REMISAGES
Les soins sont différents suivant la fréquence d’utilisation, surtout en hiver.
1 – La voiture sort souvent : CIRCULATION D’EAU Il y a intérêt à employer des mélanges antigel, pour éviter les vidanges et remplissages quotidiens, et les risques de congélation en marche. Nous préconisons l’addition d’alcool à l’eau de circulation.
Charly RAMPAL d’après la notice d’entretien