Paul Justamond est né à Bagnols-sur-Cèze dans le Gard le 11 juin 1922. Après la guerre, il achète une Dyna X 86 avec laquelle il commence à s’amuser sur le circuit de Nîmes en 1952. Mais à cause d’un carburateur dévissé, il doit abandonner.

Pas décourager pour autant, il poursuit à son volant en s’inscrivant à des rallyes régionaux dans lesquels il se régalait jusqu’en 1955. Pendant ces 3 années il n’eut aucun pépins et chaque fois il se classait à des places fort honorables. Mais, ayant fait le tour de la question, il souhaitait passer à l’échelon supérieur. C’est ainsi qu’il décida d’acheter un Coach DB en 1956 avec les faveurs de René Bonnet.

A son volant, il s’engagea au Rallye d’orange avec une charmante coéquipière : Melle Chanchou. Ce fut une belle victoire de catégorie et une place de 4ème au général.

Puis ce Lyon-Charbonnières où il abandonne.

Conscient de ses capacités, il s’engage au Tour de France automobile, toujours en 1956, avec cette fois-ci Georges Fa comme coéquipier : ça devenait plus sérieux !

Après de bons débuts sur les circuits et courses de côte que comportait cette épreuve, il connut des ennuis de freins. Dans la descente du col d’Izoard, il termina sur le toit sans dommage pour lui ni son coéquipier. Ayant conscience qu’il n’avait commis aucune erreur, il en sorti plus fort et décida de s’engager aux Mille Miles 1957.

Il chercha en vain un coéquipier. René Bonnet résolu le problème en lui répondant : « Tu pars seul, tu iras plus vite ! »

Et le voici au départ de Brescia. Ayant des rapports de boite plus longs et le pied droit un peu plus lourd, il rattrapa Paul Frère et Michy. Mais au contrôle de Sienne, la boite s’est bloquée.
En panne, il ouvre le couvercle de boite et sépare les deux longues des deux courtes, sachant qu’il lui restait de longues lignes droites pour rentrer.

Effectivement, il fit le trajet Bologne / Brescia à plus de 140 de moyenne ! A Bologne, il essuya les sifflets des italiens le voyant cafouiller car obligé de démarrer en 3ème !
Deux cols étaient sur le trajet : Futa et Raticozza. Ce fut très périlleux de les grimper en 3ème et 4ème vitesse.

Ce qui ne l’empêcha pas de terminer 3ème en GT 1.000 cm3 derrière Vidilles et Picart. 101ème au général, mais devant Clairon, Vinatier et Masoéro qui pilotaient des voitures plus puissantes.
Il poursuivit la saison avec le Rallye des Vignes et vin en finissant 2ème de sa catégorie et 13ème au général.
Enfin le Tour de France avec Perrier :

En 1958, il tente le Tour de Corse avec Armagnac, mais avant de s’embarquer pour l’île de beauté, son sélecteur de commande de boite lui joue des tours. Il est obligé de faire réparer à Nîmes chez Vascelaire qui récupéra la pièce défaillante sur un autre DB stocké dans son garage. Départ le lendemain pour Ajaccio.

Alors que tout allait bien et que la 1ère place au général était jouable, le couvercle du remplissage d’huile mal fermé se souleva dans un tronçon chronométré. Le temps de repartir et les pénalités tombent. Dès lors, le beau rêve s’envole et Justamond du se contenter de la 13ème place au général et quand même premier de sa catégorie.

Cette même année 1958, il remet ça au Tour de France avec Tassoul et finit 17ème au général et 14ème à l’indice.

Pour la saison 1959, les épreuves s’enchaînent et sa participation est plus intense.
Ayant toujours en rallye Melle Chanchou comme coéquipière, il engrange les victoires de catégorie.
C’est ainsi qu’il est :
• 1er de sa catégorie à la ronde Cévenole.
• 1er de sa catégorie et 3ème au général du rallye des lavandes.

• 1er de catégorie au rallye du Roussillon

Puis, rebelotte au Tour de France avec Armagnac où il se positionne à la 7ème place à l’indice et 11ème au général.

Par l’entremise de Trintignant, il rentre à l’école de pilotage de la Scudéria Centre Sud à Modènes. Cette école possédait des Monoplaces Masérati 3 litres 5 qui ne se conduisent pas comme un DB !

En 1960, il se représente au Tour de France avec Rollin : il termine 20ème au général et 11ème à l’indice. Il y fait une démonstration dans le Tourmalet dans la classe 0 à 750 cc.

Il est 5ème à la course de côte du Ventoux en moins de 1.000 cm3.

Il est pilote de réserve pour les 24h du Mans sur une DB n°64

Enfin en octobre , au critérium des Cévennes, il est 1er de catégorie avec Pizot.

En 1962, le DB s’essouffle face à la concurrence et si Justamond y participe par fidélité à cette épreuve, il ne peut la terminer que par un abandon avec son coéquipier Zublena.

Voila rapidement brossé les exploits de Paul Justamond au volant de son coach portant le n° de carrosserie 117.

Paul Justamond, moins connu que les pilotes DB de pointe, apporta sa pierre à l’imposant édifice que DB a bâti dans les années d’après guerre. Il ne faudra pas l’oublier dans la galerie des ancêtres de Champigny…

Charly RAMPAL