Claude Storez est né en novembre 1927. C’était un sportif accompli et de plus, un garçon sympathique.
C’est avec son père, industriel cartonnier, qu’il vint en 1950 au sport automobile.

Après trois ans d’apprentissage dans différents rallies dont le Tour Auto, Claude Storez vola de ses propres ailes.

Fin pilote, né pour conduire, il remporta de nombreux succès et René Bonnet lui confia une de ses rapides DB qu’il mena à la victoire dans les Mille Miles.

Et puis ce fut l’association avec le populaire Buchet au volant d’une Porsche.

Là encore ce furent de nombreuses victoires dont la plus remarquée, le Tour de France en 1957 à l’indice et Liège-Rome-Liège.

Claude Storez fut champion de France en 1956 et en 1957.

Sa dernière sortie, le Tour de Corse en novembre 1959 où il se classa second avec une Dauphine Gordini.

Il devait ensuite partir pour l’Afrique pour disputer un rallye au volant d’une voiture de la Régie.

L’ironie du destin veut que Claude ait trouvé la mort sur le circuit de Reims qu’il connaissait particulièrement bien.

Sur la ligne de départ, la Porsche blanche était à l’extérieur. Elle portait la trace d’un frottement à l’avant droit. Claude était très détendu, souriant même et disait à Noblet dont l’Alfa-Roméo était à sa droite sur la même ligne : « Avec tes 40 km de mieux, ne me prends pas plusieurs tours… »

Le drapeau s’abaissa et les voitures s’élancèrent pour 12 tours. On put les suivre à la jumelle dans la ligne droite de la route de Soissons-Reims.

Après la bosse, Storez était en tête, mais l’Alfa de Noblet le dépassait.

Elle arrivait dans le virage du Thillois : la Porsche blanche était à 400 mètres, très détachée, devant la meute des autres voitures quand soudainement on la vit infléchir sur la droite, monter en l’air pour retomber plus loin.

Que s’était-il passé ? L’hélicoptère de la gendarmerie qui suivait la course atterrit à côté de la voiture. Claude Storez dont le casque était enfoncé sur la tête et qui avait une fracture ouverte de la cuisse, fut immédiatement transporté à l’hôpital.
Hélas, une demi-heure après, il y décédait sans avoir repris connaissance.

Après l’arrivée, les témoins directs de l’accident dont Gonzales Ollivier qui pilotait une Porsche de même modèle que celle de Storez, précisa : « C’est dans la zone de freinage, avant le virage du Thillois, peu après la borne 400 mètres, à environ 350 mètres du virage que je vis les « stop » de la Porsche de Claude s’allumer. Aussitôt, la voiture se dirigea vers la droite, laboura le talus et partit en l’air en tonneaux.

Claude fut éjecté et la voiture retomba sur ses quatre roues, à environ 100 mètres de là. Au moment de son accident, la vitesse de Storez approchait 200 km/h. »

Claude Storez était un homme élégant jusqu’au bout des ongles, intelligent, délicat, un prince du volant.
Et le Président de l’époque, Métivier, dira : « nous sommes persuadés que son courage servira d’exemple à nos jeunes espoirs ».

PHOTOS SOUVENIR AVEC DB :

1954 :

Mille Miles avec Faure = 1er de la catégorie et 65ème au général.

Monte-Carlo avec Botchako (abandon)

24h du Mans avec Vidilles :

1955 : victoire aux Mille Miles en catégorie 750 cc :

Grand prix de Pau Formule 1 : 2 DB engagées. Martin ne prend pas le départ et Claude Storez le remplace. Il est 16ème et dernier au départ. Il abandonnera au 65ème tour sur rupture du couple conique :

24H du Mans avec Bonnet abandon (soupapes) :

Louis Cornet félicité par Storez à l’arrivée de ces 24h du Mans :

Tourist Trophy

Storez avec Cornet DB n°49 : 2ème de la catégorie et 3ème à l’indice de performance :

12h d’Hyères :

Charly RAMPAL