René Cotton vit le jour à Sainte Colombe, dans le Rhône, à 30 km de Lyon, le 19 février 1914.
C’est par le ski que René Cotton découvrit l’automobile.

En effet en 1923, grâce à Emile Allais qui fut son professeur. Bon élève, il fut sélectionné en équipe de France pour participer à toutes les grandes épreuves : Grand Prix du ski-club de Paris, Lauberhorn, Sestrières, Kandahar avec Emile Allais, Allard, les frères Laforgue, Vignole, Becker,…

Entre temps, en 1947, il avait repris le garage Montebello sur la rive gauche, avant d’entamer sa carrière sportive de skieur.

C’est dans ce milieu que René Cotton fit la connaissance de Cric de la Frayssange qui devait devenir Mme Jean-Pierre Wimille, professeur de ski pendant l’hiver 1923.

C’est comme cela, qu’il assista à toutes les grandes courses de Wimille.
Coup de foudre pour le sport automobile après un séjour dans la clandestinité avec son ami Lefort.

Cotton fit ses débuts en rallye (Dauphiné) en 1950 sur une Citroën 11 BL.

Puis ce fut Evian – Rome – Liège avec Jacques Blanchet sur Dyna Panhard 750, Monte Carlo 1952 avec Didier sur Jaguar Mk VII (un des 14 équipages non pénalisés), ce qui lui valut d’être invité à Londres par Sir Lyons..

C’était le commencement d’un long palmarès aux souvenirs variés.
Le plus beau étant la seconde place, derrière Gendebien au Marathon 1955 à bord d’une Salmson.

Le plus cruel, c’est le Monte-carlo 1958 : c’était l’année terrible. Soixante équipages seulement à l’arrivée à Monaco dont six non pénalisés.

René Cotton faisait équipe avec Jean Louis Lemerle et Simone Alain sur DS19… déjà.

Il était dans les six avec Paul Frère, Bianchi, Harper, Gacon.
Un incident de bobine survenu pendant le circuit de montagne lui fait perdre toutes ses chances et il devra se contenter de la 16ème place.

Autre bon souvenir, sa victoire de catégorie au Monte-Carlo 1956 avec Lemerle sur une Dyna X Panhard et 22ème au Général.

Il participera également 5 fois aux 24h du Mans :

En 1954 avec André Beaulieu sur Panhard 610 cc où il finit 17ème

En 1955 toujours avec André Beaulieux sur la barquette VM5 à conduite centrale où il abandonnera à la 13ème heure suite à un problème de commande de boite.

En 1957, il intègre l’équipe Panhard-Monopole 750cc avec Jacques Blanchet. Il abandonnera à la 17ème heure pour des problèmes de boite de vitesses.

On voit sa voiture au pesage, ci-dessous :

Et sur la piste :

En 1958, il refait équipe avec André Beaulieu, toujours sur Panhard-Monopole en version fermée cette fois-ci. Il devra abandonner sur panne d’alimentation d’essence à la deuxième heure.

En 1959, Monopole ayant jeté l’éponge, il se retrouve chez DB où il pilote le nouveau tank avec Louis Cornet. Il termine premier à l’indice et 9ème au Général. Il parcourra 3.485,447 km à la moyenne de 145,227. Pas mal avec un 750cc.

Belle victoire qu’il fêtera avec l’équipe DB :

Sur le podium il sera félicité par Maurice Herzog, alors Ministre des sport, et devancera ses autres coéquipiers Consten-Armagnac, religieusement recueillis au son de la Marseillaise.

Ce sera une magnifique victoire et sa dernière.

LE MANAGER

Mais René Cotton est surtout connu comme manager.

Il était méthodique, méticuleux, soucieux du bien être de ses pilotes, très dur pour lui-même et s’imposait des moyennes bien supérieures à celles que doivent fournir les équipages pour être toujours présent utilement.

On pouvait même dire qu’en suivant René Cotton – si on est capable de soutenir sa cadence – on a l’assurance d’assister aux moments essentiels de l’épreuve.

Sa référence était Alfred Neubauer qui avait longtemps été à la base des succès des Daimler Benz sur tous les circuits du monde.

Toujours en avance, ne reculant jamais devant la dépense, employant les moyens les plus efficaces, Neubauer avait porté au plus haut point de perfection, la préparation, les entrainements et l’exécution des courses en circuit.

Mais de quoi est faite cette méthode Cotton ? De soin, d’observation basée sur la parfaite connaissance des problèmes particuliers aux longues épreuves routières.

Cotton l’explique facilement : il a beaucoup et longtemps participé aux compétitions automobile mais il fut toujours seul, isolé et livré à lui-même.

Cette rude école que connaissent tous les rallyemen, il a appris l’importance du moindre détail : la reconnaissance des itinéraires, la préparation des étapes, la saveur d’un bol de soupe chaude au petit matin, d’un repas digeste mais vite avalé, l’intérêt capital qu’il y a à trouver une paire de pneus neuf à tel ou tel endroit, l’utilité morale d’une présence amie et de renseignements précis.

Il s’est consacré à l’écurie Ile de France : il avait fêté sa première victoire de manager en janvier 1959 au rallye de Monte-Carlo gagné par Coltelloni-Desrosiers.

Je laisserai Philippe Carles vous raconter dans la revue Echappement Classic, « les années Citroën » de René Cotton qui résumait son article par les mots des mécaniciens sous ses ordres : « On attendait un adjudant, nous avons reçu un général ».

René Cotton aurait pu gonfler le torse, jouer les fiers à bras et reprendre à son compte les vers célèbres : « Mes pareils à deux fois ne se font point connaître et pour leur coup d’essai veulent des coups de maitre ».

Charly RAMPAL