Alors que la Dyna Z1 est en plein démarrage de production, le bureau d’Etude Panhard se penche sur une évolution sportive de cette berline révolutionnaire par sa forme.

L’objectif est de remplacer le Junior qui n’a plus guère de temps à vivre, sous la forme d’un coupé modulable et plein d’originalités.

Cette étude commencée à l’automne 1955, aboutira en décembre à une série de plans dont voici sa première référence sous un croquis généraliste de la première version.

Ce projet porte le code « VS » (pour « Voiture Sport ») n’aboutira pas, car en parallèle une autre étude plus généraliste sous le nom de code « V527 » et qu’on pourra adapter à toute la gamme.

On peut constater que l’influence américaine du moment, insufflé par Général Motors, se remarque au niveau du vitrage et du pare-brise surtout, que la Simca Océane reprendra et qui donne à la voiture ce côté panoramique et symétrique.

Le toit est amovible, transformant la voiture en cabriolet, avec ou sans lunette arrière que la Porsche Targa reprendra bien plus tard en incorporant un arceau annonçant les « principes de précaution » gravé aujourd’hui dans le marbre.

Fil rouge de Panhard, l’aérodynamique n’a pas été oublié et quelle que soit la configuration, le dessinateur y a rajouté les filets d’air pour signifier que l’étude en a tenue compte.

Au niveau des astuces avant-gardistes, on note que les phares sont escamotables par rotation :

Et que les feux arrière joliment intégrés à la carrosserie des ailes, se découpent deux parties dont une reste solidaire du pare-choc (dont le catadioptre) et l’autre aux ailes arrière.

Car en effet, comme pour l’étude symétrique propre aux Dyna Z, les parties avant et arrière se relèvent d’un seul bloc.

A noter que pour le capot avant, comme pour la « Z », c’est tout l’ensemble qui se soulève mais l’ouverture sera d’arrière vers l’avant comme le seront les Type E ou les Triumph Spitfire.

Une fois tous les amovibles fermés, la silhouette est des plus agréables avec un avant plongeant même s’il reprend le pare-choc et l’entrée d’air de la berline « Z ».

On peut aussi noter que le tablier sous le pare-choc reçoit des antibrouillards intégrés, lui donnant un cachet sportif.

L’étude s’est poursuivie jusqu’en 1959 en modifiant quelques points de design (la mode évoluant entretemps) comme la partie arrière avec des ailes plus tendue façon coupé Volkswagen Karman Ghia avec ses feux à l’extrémité des petits ailerons.

Le pavillon, pare-brise et lunette arrière sont aussi plus classiques, façon cabriolet capoté.

Et les assises des sièges rabaissées ce qui accentuent encore le caractère sportif…

Tous les dessins reposeront désormais sur la plate-forme de la Dyna Z raccourcie.

En fin de 1957, l’étude sera reprise pour inspirer les lignes de la future PL17.

Le bureau des Etudes va reprendre tous les principes de cette symétrie et les glaces profilées du dessin de 1955.

Une face avant avec les phares intégrés dans la calandre va être proposée à l’échelle 1 :

Mais elle sera abandonnée au profit d’une plus classique qui préfigure déjà ce que sera la face avant de la future PL17, plus proche de celle de la Dyna Z et qui préfigure même celle de Panhard 17 sans les sourcils.

Une maquette à l’échelle 1 va même être réalisée en plastiline : elle correspond en tout point aux dessins de départ :

 Pour la rendre plus « vendable » et moins d’avant-garde, le dessin du pavillon et des glaces va être repris et se rapprocher nettement d’une finalité plus réaliste des conceptions et moyens industriels du moment.

Hélas, ce prototype n’aboutira pas complètement, moyens obligent, puisqu’on la Direction va imposer la coque de la Dyna Z : autant d’économie, car la santé financière de Panhard n’est pas bonne.

Il va falloir faire dans le replâtrage !

Seules les inspirations esthétiques des parties avant et arrière, dictées aussi par la législation, seront retenues pour la future PL17. 

Charly RAMPAL       D’après mes archives Panhard