Cette 17ème édition du Tour de Corse Historique allait une fois encore connaitre un grand succès populaire et médiatique.

De nouveau comme en 2015, la Dyna Z1 de P-H Mahul, allait être engagée pour représenter nos couleurs, sur un terrain pourtant guère favorable au gabarit et à la faible puissance de la Dyna toute Z1 soit-elle !

Pourtant, elle avait fait très bonne figure il y a 2 ans en terminant à une remarquable 11ème place au milieu d’un plateau très relevé.

Cette année, si les difficultés du parcours s’étaient poursuivies jusqu’à la fin, Pierre-Henry aurait pu rééditer cet exploit.

En effet pour sauver leur handicap de faible puissance il faut que le parcours soit particulièrement difficile et que les concurrents (essentiellement des Porsche) ne puissent pas utiliser toute leur puissance.

Il fallait voir comment la Z1 arrive à survoler les difficultés du tracé… pour autant que ça ne monte pas trop… Légère dans sa robe d’aluminium et musclée par un moteur de 954 cc, préparé par M. Pinon.

Pourtant, Pierre-Henry Mahul avait voulu un peu plus de chevaux encore et un nouveau 954 avec, entre autre, un AC (arbre à cames) spécial, avait été prévu.

Hélas, au moment du rodage quelques 8 jours avant le départ, ce beau mais fragile moteur, avait du être changé pour cause de vilebrequin décentré à cause d’une puissance pour laquelle il n’avait pas été fait.

Heureusement, le second moteur de réserve plus sage, toujours en 954 mais avec un AC « S », pu être monté afin de répondre présent aux contrôles techniques et administratifs du lundi 2 octobre..

La boite de vitesse réalisée par Bertrand Hervouet avait été étagée en fonction de la configuration spécifique de ce rallye.

En effet Pierre-Henry n’utilisera que la seconde vitesse qui lui permettait d’atteindre entre deux épingles les 97,54 km/h à 6.000 tours avec des pneus en 155 x 13 et de reprendre à bas régime sur ce rapport sans aucune difficulté : le poids plume de cette Z1 étant un avantage pour le bicylindre.

LE PROGRAMME

C’est à Porto-Vecchio que Pierre-Henri Mahul et son associé Thierry Arrais devaient se rendre en mettant les pieds sur l’Ile de Beauté pour rejoindre tous les concurrents de ce 17ème Tour de Corse.

C’est la lundi 2 octobre que les contrôles administratifs et techniques allaient se dérouler de 10h à 20h, en n’oubliant pas auparavant de bien vérifier l’installation et le bon fonctionnement du Tripmaster, accessoire clé pour un rallye de régularité.

Le cérame des commissaires en main, les choses sérieuses pouvaient commencer dès le lendemain.

LES ETAPES

MARDI 3 OCTOBRE

Cette première journée de course était composée d’une seule spéciale au départ de Sotta jusqu’à la plage de Santa Giulia.

C’est à 14h30 que le premier concurrent (Jean-Claude Audruet sur sa CG proto MC) s’arracha du podium des départs qui se feront dans l’ordre de numéros de courses, le VHC en premier, puis les VHRS, catégorie dans laquelle était inscrite la Dyna Z1 en moyenne basse. Avec son n° 282, Mahul avait du temps devant lui !

Un peu de pression déjà, car cette première spéciale de 12,3 km au profil très rapide comprend toutefois quelques portions techniques où la dextérité des pilotes fut mise à rude épreuve.

Mais Mahul n’avait pas eu le temps de tester sa Z1 car cette première épreuve avait été annulée pour les VHRS à cause d’un fait de course.

MERCREDI 3 OCTOBRE :

Cette seconde journée de course promettait d’être éprouvante, tant pour les voitures que pour les organismes.

Sur un revêtement sec et abrasif, les pneus durs étaient de mise pour en découdre jusqu’au bout.

Dans la catégorie VRSH de la Dyna Z1 allait enfin pouvoir s’exprimer et mettre sous tension son pilote.

La première spéciale longue de 20 km devait roder les automatismes, mais les erreurs n’étaient pas permises, car les spéciales allaient se succéder tout au long de la journée : la nervosité des concurrents était palpable au moment du départ.

Au terme de la journée, les voitures les plus puissantes confirmaient leur avantage sur ce terrain.

Mais La Z1 terminait à une brillante 19ème place sur presque 80 voitures dans cette catégorie !

MERCREDI 4 OCTOBRE

Cette troisième étape s’annonçait comme le plus longue et la plus dure du Tour.

Plusieurs spéciales dépassaient 25 km et allaient mettre les mécaniques à dure épreuve et pousser les pilotes dans leurs derniers retranchements.

Les concurrents en régularité devaient se cracher dans les gants, à l’approche de chaque spéciale rapide : tenir les moyennes exigera beaucoup de dextérité.

Sur les routes rapides et piégeuses de cette troisième épreuve, les voitures agiles étaient à leur avantage et les mécaniques commencent à souffrir : les défaillances mécaniques rebattent les cartes en permanence.

La Dyna tenait bon et commençait à grignoter des places vers le haut du classement : 16ème déjà.


VENDREDI 6 OCTOBRE

Cette 4ème étape était la plus courte, mais certainement la plus technique.

Avec deux premières spéciales étaient très sinueuse.

La troisième enchaine à la fois des portions sinueuses et rapides soumettant à rude épreuve les mécaniques avant la montée finale de Bocognano.

L’écrémage avait commencé et il fallait déjà penser à gérer, car le moindre soucis, ou retard entrainait des pénalités

Demain, il faudra prendre un peu de recul et surtout ménager la mécanique.

Dans un dernier effort, Mahul et sa Dyna Z1 avaient atteint le Graal en se hissant à la 14ème place !

SAMEDI 7 OCTOBRE

Au petit matin de la dernière journée de course, on pouvait penser que les pilotes seraient tentés de relâcher la pression, au risque de partir à la faute.

Pourtant, en faisant le tour des paddocks, ce sont des pilotes gonflés à bloc qu’on croisait, pour un final à couper le souffle en VHC surtout !

Mahul se battait comme un lion pour conserver sa 14ème place et faire mieux si possible.

Hélas, il perdit une petite place, mais terminera à une superbe 15ème place

et une excellente 4ème position au classement »moyenne basse »

Mais laissons la parole à Pierre-Henry pour nous résumer sa course et avoir ses ressentis :

« Nous avons terminé 15ème car les dernières spéciales étaient assez faciles, je crois que nous aurions pu finir 11 ou12ème comme il y a deux ans.

D’ennuis mécanique nous n’en avons eu aucun, notre vaillant moteur juste refait par M Pinon, a parfaitement tenu le coup, nous n’avons pas rajouté une goutte d’huile dans tout le rallye.

J’ai été plus que satisfait, enchanté, des rapports de ma nouvelle boite 1ère 45km/h 2ème 90km/h 3ème 120km/h (4ème 140km/h pour mémoire) ce qui fait qu’en spéciale on est quasiment toujours en seconde.

Cela économise énormément la boite et les freins grâce au frein moteur toujours disponible. Au besoin la première longue permet de passer les épingles tout en souplesse.

C’est Etienne de Valance qui m’avait donné le truc (au Mans Classic) en me disant qu’au Monte Carlo 1961 la seule différence des PL17 L1 victorieuses par rapport à celles de série était l’étagement de la boite, plus longue.

On a juste déploré des réglages de suspension AR trop durcis ce qui rendait les AV trop souples, de ce fait j’ai bien cru une ou deux fois qu’on « y allait » (sur le toit !) dans des droites serrés, mais Thierry, mon vaillant coéquipier, de me hurler que « ça passe et de ne pas lâcher les gaz ! »

A l’arrivée on s’est quand même aperçu qu’on avait plié un tirant de roue AVD ! Je sentais bien qu’elle n’était pas comme d’habitude… »

Une fois encore on peut saluer la superbe prestation de Mahul et Arrais qui ont eu les honneurs et l’immense mérite de faire briller à eux seuls les couleurs Panhard dans un rallye international et pas évident pour la Dyna.

Prochain rendez-vous le 31 janvier pour le Monte Carlo au départ de Barcelone… Panhard continue !

Charly RAMPAL (sur des informations de Reynald et Mahul, Photos Rallye-sport)

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