Pour bien comprendre une nouvelle voiture, son pourquoi du comment, il faut la replacer dans l’environnement pour lequel elle a été conçue.

C’est pourquoi, j’ai trouvé intéressant de vous livrer 3 extraits d’article de journaux automobile de 1935, 1937 et 1939.

Le tout avec les expressions littéraires de ce temps passé.

Commençons par, un essai complet de « La Vie Automobile » du 25 septembre 1935 sou le titre :

PANHARD.

Notre grande marque Panhard s’est toujours fait remarquer par une unité de vues, par une persévérance dans les idées directrices, qui ne se sont jamais démenties.

 Son programme est, avant tout, de faire des voitures présentant le maximum des qualités pratiques que réclame instamment la clientèle automobile, et que l’on trouve rarement réunies dans une même voiture.

Ces qualités, on peut les diviser en doux groupes :

Le premier comprend la sécurité, la suspension, la sobriété, la simplicité, la sûreté de fonctionnement, qui correspondent au maximum d’utilisation.

Dans le second, nous grouperons le silence, la souplesse, la silhouette, qui font la voiture agréable et séduisante.

Une voiture qui les possède toutes est assurée du succès.

Or, il n’est pas besoin d’essayer ou plus simplement d’examiner longtemps une Panhard moderne pour se rendre compte que, chez elle, tous ces points sont réalisés au maximum.

La sécurité, elle la doit à sa tenue de route parfaite, à son freinage inégalé, à sa largeur inusitée de 1m55 aussi bien à l’avant qu’à l’arrière, dimension permise par la carrosserie panoramique à sa direction aussi, d’une douceur et d’une précision qui font l’étonnement de tous ceux qui la conduisent pour la première fois.

La suspension, d’ailleurs liée à la sécurité, puisque la tenue de route en dépend au premier chef, est réalisée à l’avant et à l’arrière par des Lames de torsion combinées avec des amortisseurs hydrauliques.

A l’avant, roues indépendantes du système Panhard, chacune des roues étant commandée individuellement par la direction.

Il est difficile de concevoir une réalisation de roues indépendante aussi perfectionnée dans ses moindre détails : disons simplement que le 24 articulations qu’elle comporte sont toutes montées sur roulements aiguilles, à billes ou à rouleaux, et nous aurons ainsi montré, non pas souci de faire bien, mais de faire mieux qui est la directive de Panhard.

La sobriété, la simplicité, la sureté de fonctionnement sont trois corollaires de l’emploi de ce moteur sans soupapes auquel Panhard reste fidèle, et sa clientèle aussi.

Pas de moteur présentant, en même temps qu’une aussi faible consommation spécifique, une aussi grande robustesse, une pareille permanence de la puissance, une telle « inusabilité », si l’on peut employer ce mot barbare.

C’est que, dans le sans-soupapes, il n’existe pas de ressorts de rappel ; rien que des mouvements positifs, donc des mouvements précis, toujours les même.

Le silence et la souplesse, voilà encore des qualités de ce remarquable moteur.

 Mais elles sont encore renforcées par la fameuse boite à quatre vitesses silencieuses avec roue libre et servo-débrayage ; par les freins hydrauliques commandés par deux pompes qui assurent la sécurité totale…

On voit que rien n’a été négligé de ce qui peut faire une voiture parfaite.

Quant à la silhouette, à la ligne, si on préfère, elle est de nature à satisfaire les plus difficiles.

La ligne « Dynamic », rationnel leu profilée, tout en restant absolument correcte, jointe au dispositif panoramique, permet des carrosseries spacieuses en longueur et en largeur, avec visibilité totale l’avant : ce qui veut dire que nul obstacle, quelque petit qu’il soit, n’échappe à la vue du conducteur.

Il faut avoir essayé une « Dynamic » pour goûter la pleine joie de l’automobile.

Sur ces données générales, Panhard présente trois modèles :

— 130: six cylindres 2L516

 — 140 : six cylindres 2L861

 — 160 : six cylindres 3L834 … comportant chacun cinq carrosseries différentes.

En mars 1937, la Dynamic est présentée à la Foire d’Alger et de là, le journal l’Argus en fait la présentation dans son numéro du 1er avril en ces termes :

LES ELEGANTES « DYNAMICS » PANHARD-LEVASSOR SONT APPRECIEES

 Parmi les exposants, le stand Panhard est l’objet d’une légitime et admirative curiosité.

Six véhicules y sont présentés.

En voitures à passagers, une conduite intérieure 14 CV, deux conduites intérieures 16 CV.

Puis trois véhicules industriels : un plateau 5.000 kilos, un châssis 5.000 kilos -type K 82, et un châssis 5.000 kilos type K 93.

 Cette belle présentation est l’œuvre de 1a succursale Panhard d’Alger, sise 2, boulevard Saint-Saëns.

LA NOUVELLE PANHARD (L’AUTO)

Tel est le titre du journal « L’AUTO » du 18 juin 1939 et sous la plume du journaliste André Latour, voici son ressenti.

« Très vite… en absolue sécurité… sans fatigue… et avec peu d’essence… vous faites, en vous jouant de n’importe quelle route sans  vous apercevoir de son état ni de son tracé.

Un puissant moteur six cylindres, indéréglable : 2 litres 800 (type 140) 80 chevaux effectifs, assurant 15 CV ou 3 litres 800 (type 160) 105 chevaux effectifs assurant 17 CV, une tenue de route sensationnelle, des freins hydrauliques à deux pompes, autoserreurs, une carrosserie tout acier à pavillon blindé; une visibilité totale, une direction légère à la main et rigoureusement précise, l’extraordinaire suspension avant et arrière, à roues indépendantes et la sobriété invraisemblable de la nouvelle PANHARD vous le permettent.

Il faut avoir essayé et conduit soi-même, pendant quelque cent kilomètres cette reposante et spacieuse voiture, qui passe sans bruit, sans heurt, dans une sorte de bercement amorti, qui fait songer à un planeur évoluant au ras du sol, plutôt qu’à une automobile.

Et pourtant celle-ci se cramponne à la route sans qu’on puisse jamais la prendre en défaut sur ce point capital.

Il faut avoir vérifié des consommations de promenade avoisinant douze litres, à 75 de moyenne.

Il faut avoir constaté des moyennes de 90 à 100 aisément réalisées avec la « 140 » par des conducteurs raisonnables et sans prétentions.

Un certain Clermont-Paris en 3 h. 22, à 113 de moyenne, en dit long sur les possibilités de la « 160 » en bonnes mains. En résumé, une très remarquable voiture, supérieures aux meilleures. »

Et pour conclure des dessins de René Ducassou-Péhau qui avait possédé lui-même une Dynamic : ces dessins ont été réalisés en 1965.

Charly RAMPAL  (documentation d’époque – les photos étant tirées des journaux, la qualité s’en ressent… mais pas l’authentique