LES PANHARD AU MANS CLASSIC 2025
Trois semaines après le moderne, le circuit des 24 Heures du Mans fait la part belle aux légendaires, avec une nouvelle édition de l’événement du Mans-Classic
Cette année encore, plus de 700 voitures de course historiques ayant participé à la célèbre épreuve mancelle en leur temps, s’étaient données rendez-vous sur le grand circuit pour revivre quelques instants glorieux ou pas, de leur vie de mécanique sportive.
238.000 spectateurs ont été recensé pour cette édition 2025, prouvant une nouvelle fois que les compétitions de voitures anciennes gagnaient encore la partie face à la pression de leurs détracteurs de tous bords…
Mais pour nous autres panhardistes, l’intérêt se portait sur nos représentants dans le plateau 2 et surtout le 3 qui correspondait à la tranche d’année où notre bicylindre alignait les victoires à l’indice, à l’énergétique ou à la classe.
Ma grande colère se porte sur l’absence du CD de mon ami Jacky Laguerre qui n’a pas été retenu : je n’entrerai pas dans le détail… Enfin, je me suis consolé par la présence de nos D.B. et d’une très belle D.B. Renault qui portait le n° 62

On retrouvait surtout les habitués de cette épreuve d’endurance et notamment la famille Gayraud qui avait engagé deux voitures :
- la barquette Trouis de 1952 dans le plateau 2 N° 24

et un coach HBR de 1959 N° 23 dans le plateau 3.

La barquette D.B. d’Antoine Laureau, le petit fils de notre Gérard national, faisait encore sensation tant son palmarès de 1960 et 1961 et son look auquel nous sont très attachés.
Le moteur a de nouveau été préparé dans ses moindres détails et finalisé sur place.
Les pilotes seront : Antoine LAUREAU et SEIDL la voiture badgée du N° 55

On retrouvait donc : DORE – HOYAU DB – HBR Surbaissé de 1960 N° 11

GAYRAUD Philippe – DB HBR 1959 N° 23 (vue plus haut)
DUPIN – BOURIES – BOUTEVIN – DB-HBR 1960 N° 62

FOUQUET-HATEVILAIN – LEPERCHOIS – DB Camionnette 1961 N° 65

Une fois encore ce sont ces deux derniers qui obtiendront les meilleurs résultats à l’indice de performance devant les autres D.B. avec la 7èm place pour la D.B. camionnette et la 9ème pour le Coach de DUPIN – BOURIES – BOUTEVIN.
Régulières, bien préparée avec des moteurs fiables, se classer dans les 10 premiers démontrent toutes leurs qualités.
Tandis que le D.B. de DORE – LOYAU se classe 25ème, la barquette de LAUREAU et SEIDL 30ème après pas mal de soucis comme je vous les décortique plus loin..
Hélas le D.B. HBR de Damien GAYRAUD et Stéphanie terminera très loin à la 61ème place à l’indice : on verra pourquoi
Dans le plateau 2 :
Le D.B. Renault se classe 17ème à l’indice (37 au général) et la barquette de Philippe Gauraud 21ème à l’indice et 41 au général.
Notons que la pluie s’était invitée dans la nuit de samedi et au lever du jour, il pleuvait encore..
Pas d’interruptions à noter, mais les drapeaux jaunes sont fréquents et les slow zones seulement..
Même lorsque la pluie se calmait, la piste reste humide et les pilotes ne sont pas pour la parade, type sorties des clubs.
Les figures libres sont fréquentes avec plus ou moins de réussite : quelques voitures vont faire la connaissance des murs et autres bacs tandis que les courses sont disputées avec la même intensité que sur le sec, car les pilotes sont de haut niveau.
Dans ces conditions, les cartes sont clairement rebattues avec des équipages bien plus en forme sur le mouillé et qui compensent les différences de puissance… et d’autres qui roulent sur des œufs, découvrant les limites basses de leur monture.
LA COURSE COTE BARQUETTE N°55
Dès la course 1, Antoine Laureau a eu des problèmes de commande de boite de vitesses malgré l’acharnement de ses mécanos pour tenter d’y remédier.
Puis ce sera un problème moteur qui avait tendance à s’étouffer en charge.
Une tentative de réalésage des gicleurs puis une meilleure aération des carbu, mais les performances ne seront pas à la hauteur des attentes.
Dans la nuit de samedi à dimanche, les averses sont nombreuses et surprennent plus d’un concurrent.
Le plateau 3 est lancé peu avant 5h après les événements tragiques du début de nuit.
Tout commence bien et même après le relai, la barquette reste en bonne position dans sa classe de cylindrée.
Hélas la carburation fait encore des siennes, mais Antoine assure, car l’objectif est de rester en piste.
La course 3 n’aura pas lieu : En effet, au moment du départ de nombreuses voitures laissent des traces d’essence et d’huile sur la grille en face des stands
Les commissaires inspectent avec vigilance toutes les voitures et quand ce fut le tour de la voiture d’Antoine, un commissaire trouve de l’huile.
Antoine ouvre le capot à la recherche d’une fuite d’huile, mais n’en trouve pas.

Par précaution, la direction de course préfère ne pas laisser partir la D.B. : c’est une terrible déception pour l’équipe.

Néanmoins, pour la photo, la petite D.B. pourra faire le départ type Le Mans puis laisser filer le plateau.
Mais tenace, son équipe sûre de l’absence de fuite, contacte la direction de course qui réussit enfin à dépêcher un inspecteur.
Le départ lui, n’attend pas la décision et il sera donné à l’heure prévue et une fois le plateau lancé, la D.B est évacuée par les commissaires.
La barquette est inspectée et le feu vert est donné pour repartir après le tour de formation. : ouf !
La petite D.B. terminera enfin son édition 2025 du Mans Classic.. Mais pour la prochaine édition, il faudra prévoir une voiture plus fiable et plus performante, car le pilotage et la volonté ne suffisent pas : le sport-auto est tout un ensemble.

LA COURSE COTE GAYRAUD
LA BARQUETTE D.B. TROUIS :
Elle était pilotée par Philippe Gayraud.

Les séances se succédant, pendant les essais, Philippe s’arrêtera au bout de trois tours….pour aller voir le départ de son fils Damien sur l’HBR N°23 inscrite dans le plateau 3 !
La seconde séance d’essai ne posera aucun
problème : tout fonctionne bien et Philippe se limite aux 5.500 t/mn /mn
pour préserver la mécanique.
Pour les essais de nuit, avec la fraicheur de la
nuit, c’est le pied, un bonheur total où Philippe titillera les 6.500 t/mn
corroboré par un compte-tours précis.
Le moteur parfait, en redemande et pour le reste, toutes les cases sont cochées.

Samedi, c’est le grand jour : le vrai départ dont le type Le Mans est annulé… mais tout va bien.
Dimanche 4h du matin : c’est le déluge comme en 2014 lors de mon dernier LM-Classic.
Philippe peut mesurer la qualité du châssis qui lui permet de passer plusieurs concurrents et de se retrouver en bagarre avec deux Porsche 356, décidemment, elles
. sont tenaces : mais en plus, Philippe sait tenir un volant et dans ces conditions, il fait la différence !
Dimanche 11h 30
Partagé entre ses séances et celles de son fils sur l’HBR familial, Philippe n’a pu dormir que 4h et de plus couché à 6h.
Les conditions de course ne sont pas bonnes pour cette dernière épreuve car beaucoup ont laissé de l’huile sur la piste et avec l’eau, elle remonte à la surface.
De plus, il sent que sa mécanique commence à faiblir et pour la sauver, il va se limiter aux 5.000 t/mn maxi, car l’important et de terminer et qu’importe le classement, seule la bête compte : résultat aucun moteur cassé = ça progresse !.
LE D.B. HBR N°23
Il était piloté par Damien et Séphanie

Les premiers essais sont positifs, tout fonctionne correctement et les pilotes s’en tiennent aux recommandations du « patron » : pas de régime moteur au-dessus des 6.000 tours, ce qui est déjà du haut de gamme !
Aussi, Damien se régale sur ce circuit mythique et sa coéquipière aussi.. Le bonheur est dans cette D.B. HBR…
Seconde séance d’essais : les terribles de prises d’air qui risquent de tuer nos moteurs les guettent, et au bout de trois tours un piston se perce !
Damien accuse le coup, mais son père en a l’habitude : le moteur est changé par l’équipe (photos plus loin) permettant à Stéphanie de faire les essais de nuit.
Là encore elle apprécie ce moment de bonheur, sauf que… la culasse ne l’entend pas de la même oreille et au lieu de se fendre la gueule, se fend tout simplement !
Catastrophe, ce second moteur de réserve est HS, mettant Damien hors jeu.
Nouvelle réparation pour permettre le prochain départ.
Dimanche 5h : c’est le départ lancé à cause de la pluie.
Dans ces conditions, Damien se retrouve 8ème au Général avant que le D.B. de Dupin lui passe devant.
Dimanche 12h40 : dernier rush pour Damien brimé depuis le début, à qui sa sœur Stéphanie avait laissé le volant en compensation avec sa gentillesse naturelle.
Hâlas, la guigne est toujours là et ne quitte pas Damien !
Premier tour et arrêt : le tube de retour d’huile fendu en deux ! C’est l’abandon et tout espoir de bon classement : ils seront 61ème…

Reste maintenant à connaitre la cause de tout cela : un long travail d’analyse va commencer à Albi…
L’épreuve est terminée et tout est rangé dans chacune des remorques pour la longue descente vers la préfecture du département du Tarn…

Mais Philippe en a vu d’autres, et au final tout le monde va positiver et reprendront la route du retour en se rendant compte du bonheur qu’ils ont d’avoir participé sur ce circuit à cette fête unique dans le monde de la voiture sportive historique.

Rendez-vous dans 2 ans..
PHOTOS CHANGEMENT MOTEUR




DU COTE DE L’AMICALE D.B.
Il n’y avait pas que sur la piste où nos voitures à mécanique Panhard étaient représentées : L’Amicale D.B. étaient là pour prolonger en statique, la présentation de modèles historiques de Champigny.
C’est sur un grand stand bien située à proximité du pif-paf (appelé aussi baïonnette) précédant le pont Dunlop, que Michel Germaine, Président de L’Amicale D.B., avait utilisé ses contacts et son entregent auprès de organisateurs pour avoir cet emplacement privilégié dans le 2ème grand virage du circuit Bugatti.
Il avait installé dans ce grand espace sa caravane AirStream tractée par un pick-up Ford et tous les éléments (tables, chaises et parasols) pour accueillir les amicalistes en particulier au moment des repas.
Un Monomill et un coach HBR5 encadraient cet ensemble.

Avait aussi été installé un barnum sous lequel fut présenté le livre » l’Aventure Louis Rosier » : histoire du pilote éponyme écrit par Pascal Legrand avec les éléments fournis par sa petite fille et qui était présente lors de cette présentation, honoré par la présence de Pierre Fillon, Président ACO, et M. Ouayoun, Directeur Général de Peter Auto.
Devant le stand les voitures des amicalistes, étaient alignées : une demie douzaine de D.B. coach HBR5, 4 D.B. Le Mans, une PL 24 et une Junior X 87 (à moteur de PL 24) et un coach CD.



Pour cette édition 2025, le spectacle était donc complet et grandiose non seulement sur le circuit et dans les paddocks, mais aussi à travers les clubs alignées autour du circuit Bugatti et ailleurs sur le site.
L’édition 2025 aura été encore un bon cru pour nos Panhard…
VIDEO COMPILATION
Charly RAMPAL sur des informations et photos de Philippe Gayraud et Photos de Benjamin et Vincent des Newsdanciennes, pour l’Amicale D.B. = Pierre Duprat)