Le commandant René Panhard est né le 28 janvier 1912 à Paris.

Petit-fils du célèbre constructeur automobile, il découvre l’aviation à la faveur d’une visite organisée par son école : « Etudiant en 1934 à l’Ecole supérieure des sciences économiques et commerciales, on nous faisait visiter en dernière année des installations industrielles.

Et au cours d’une de ces visites nous avons été l’aéroport du Bourget, qui était le seul existant à l’époque.

A la fin de la visite, il y avait quelques vieux « coucous » rangés au bord de la route nationale, et des vendeurs qui cherchaient à donner le baptême de l’air.

Avec quelques camarades, nous sommes montés dans un de ces vieux « coucous » à l’air libre.

Et nous avons été enthousiasmés. Et avec l’ardeur de nos 20 ans, nous nous sommes dit : nous allons devenir pilote ».

C’est à Orly où est installée l’école Potez qu’il reçoit ses premières leçons.

« Pendant notre instruction, nous avons appris que les pilotes civils qui avaient plus de cent heures de vol au moment de leur incorporation, pouvaient faim leur service militaire comme élève-pilote à Istres, en suivant une formation accélérée ».  

En octobre 1934, il part pour Istres et obtient son brevet le 15 mars 1935.

Il demande à être affecté sur la base de Dijon afin de servir dans la chasse.

Mais les places sont chères et il doit convaincre les autorités des ses qualités de chasseur.

Le colonel Pinard, l’As aux 27 victoires officielles qui commande la base accepte de laisser une chance à ce jeune sergent pilote.

Il lui confie pour un vol d’une demi-heure un Nieuport 62.

Et devant les yeux des « huiles » de la base, le sergent Panhard décolle sur ce monoplace qu’il n’a jamais piloté.

Après deux approches manquées, il parvient à poser son appareil.

Doutant de ses qualités de chasseur, le colonel l’invite à faire une demi-heure de voltige… Le résultat est catastrophique.

Mais il en faut plus pour décourager le colonel qui, bon enfant lui dit : « Ecoutez, je vous garde quinze jours à l’essai ; si vous vous débrouillez, tout va bien, si vous de vous débrouillez pas, vous irez dans la reconnaissance ».

Quinze jours plus tard, parfaitement intégré dans la 4ème escadrille du capitaine Durieux, il est désigné pour participer au meeting aérien de Strasbourg.

Renvoyé dans ses foyers en octobre 1935, il s’inscrit immédiatement comme réserviste en escadre, afin de s’assurer une place dans ce groupe au cas où la tension diplomatique le rappellerait.

Le 26 août 1939, il est mobilisé et part pour Luxeuil où il est affecté au II/7.

Les premiers combats ont lieu au mois d’octobre, sans qu’il ait l’occasion de tirer une seule rafale.

Chargé de protéger les avions de reconnaissance en mission photo sur la ligne Siegfried, et de garder la frontière du Rhin, il n’aperçoit que rarement l’aviation ennemie.

Le 21 décembre 1939 sa patrouille est attaquée par surprise par 12 Me 109 : Il riposte et en abat un.

L’hiver 1939-1940, particulièrement avec des températures descendant jusqu’à moins 27°C et une neige persistante, interdit tout décollage.

Les journées se passent dans une inactivité quasi chronique.

Le 10 mai 1940, il est réveillé à 5h du matin par les bombardements allemands.

Les hommes se précipitent sur les avions disponibles et gagnent le ciel, à l’assaut de la Luftwaffe.

Le 11 mai 1940,11 détruit un He 111 et deux jours plus tard un Do 17.

La situation est critique : « Le 14 mai 1940, sur les trente avions que nous avions en dotation, il en restait cinq ou six en état de vol, tous les autres ayant été abattus en combat aérien, soit incendiés au sol ».

Le sous-lieutenant Panhard est chargé de prendre livraison des Dewoitine 520, enfin sortis des usines de Toulouse.

Le 1er juin, il est à Esbly prés de Meaux où l’Etat Major Général demande protection.

Ce jour, il abat un autre He 111. Il clôt son palmarès le 7 juin 1940, toujours sur un He 111.

Affecté dans la deuxième quinzaine de juin à la défense de la Lorraine, le commandant Durieux lui confie une mission délicate : rechercher le sergent-chef Lamblin tombé près de Nancy et encerclé par l’ennemi.

Il s’acquitte avec brio de sa tâche et, en compagnie de son camarade, il fuit l’avance allemande dans un périple qui, du Jura à Vichy, les conduit à Marignane où il décollent pour l’Afrique du Nord.

Là, ils retrouvent leur ancien groupe, surpris et heureux de compter à nouveau dans ses ranges ces deux pilotes portés disparus.

Démobilisé le 15 août 1940, il rentre en métropole.

Après la guerre, il reprend son entraînement en 1949 à Villacoublay, Orange et Creil où il a l’occasion de voler sur Thunderbolt P47, Vampire et Mystère 2.

Ce passionné d’aviation qui se présente volontiers comme un « assoiffé d’heures de vol et jamais satisfait » a participé à la direction de la société familiale, sans quitter vraiment cette armée de l’Air qu’il honore de ces cinq victoires aériennes homologué.. J’ai eu la chance de la croiser le 11 juin 1995, lors de la commémoration des 100 ans de la première course et victoire de Panhard et Levassor au Paris-Bordeaux en 1895, ici à gauche sur la photo au côté de Robert Panhard et en présence de Jean Panhard à droite.
René Panhard était l’oncle de Robert Panhard, frère ainé de son père Pierre né en 1920 .

Démobilisé, René Panhard sera administrateur de Panhard et responsable des competitions a continuera à piloter assez tard car il avait son propre avion.

Anecdote : il avait emmené une fois Etienne de Valance au retour d un rallye Monte Carlo . Une panne d essence l’a obligé a fair un atterrissage forcé dans un champ si bien qu’Etienne a décliné de poursuive  avec lui ……

Il décèdera le 1er novembre 1997

Charly RAMPAL avec l’aide d’Etienne De Valance pour la communication de ce document