LE MOTEUR « CENTAURE » ET SES EVOLUTIONS

Conçu par le Commandant Krebs, le Centaure est le premier vrai moteur Panhard & Levassor.

Son étude, lancée en septembre 1899, débouche en 1901 sur le moteur 04F de 16 CV de puissance nominale.

C’est le premier d’une gamme qui connaîtra de nombreuses variantes.

Ce moteur à essence et refroidi par eau ne possède plus de régulation des soupapes d’échappement (arbre à cames et culbuteurs ont donc disparu) ; les tiges-poussoirs des soupapes d’échappement sortent directement du carter ; la distribution est à deux soupapes par cylindre.

Sur les modèles du type initial, les cylindres sont accolés par groupes de deux ; ces moteurs se reconnaissent à la lettre « O » dans le type.

En 1903, le moteur initial est remplacé par le Centaure dit « allégé », dont les cylindres sont complètement séparés les uns des autres.

Il comporte d’autres améliorations, qui touchent le refroidissement, le vilebrequin (à trois paliers, ou à cinq paliers sur les 4 cylindres à partir de 18 CV, et la distribution, à trois soupapes par cylindre et bénéficie du nouveau carburateur à régulation automatique.

Ce moteur se reconnaît à la lettre « S » dans le type.

A partir du millésime 1907, les moteurs tournent un peu plus vite (900 tr. / min au lieu de 720 ou 800 tr. / min) ; leur type comporte alors la lettre « T ».

Sur quelques moteurs de forte cylindrée, apparus pour le millésime 1906, tous les organes sont enfermés dans un carter en aluminium et plongés dans une atmosphère chargée d’huile ; leur vilebrequin comporte cinq paliers dont les parties inférieures sont rapportées, et le système de refroidissement possède une régulation des variations de pression ; leur type se reconnaît à la lettre « Z ».

Codes : Pour les moteurs de bateaux, le code est précédé de la lettre « B » ; par exemple, un moteur 02E pour bateau devient un « BO2E » (cas particulier qui n’apparaît pas dans nos tableaux).

De plus, un chiffre en exposant dans le code (comme dans S34M) signifie qu’il s’agit d’une évolution d’un moteur plus ancien (ici les S4M et S24M, mais bien souvent, ces moteurs initiaux n’ont existé que sur le papier, ou à titre de prototypes).

  • 1er génération (1901 — 1904) : Centaure (code indice «O »)

2ème génération (1903 — 1906) : Centaure allégé (code indice «S »)

3ème génération (1905 — 1910) : Centaure carter aluminium (code indice « Z ») • 4ème génération (1906 — 1915) : Centaure allégé régime rapide (code indice «T »)

Châssis d’une voiture de course de 1902 à moteur 4 cylindres accolés par groupe de deux.

MOTEURS A USAGE AUTOMOBILE (VOITURES ET UTILITAIRES) 

La complexité des gammes de moteurs de cette génération m’incite, pour plus de clarté, à distinguer les moteurs utilisés dans les véhicules et ceux à vocation purement non automobile.

Utilisation des différents moteurs Centaure à 2, 3, 4 et 6 cylindres

Châssis 65 HP type U4, avec moteur à 6 cylindres séparés type T6S

MOTEURS TYPE CENTAURE A USAGE SPECIFIQUEMENT NON AUTOMOBILE

Fidèle à sa politique de diversification, Panhard a continué à construire de nombreux moteurs pour d’autres usages que l’automobile : moteurs de bateaux, de dirigeables, d’avions et moteurs stationnaires servant notamment comme pompes ou groupes électrogènes.

A ce titre, les groupes S1I et S2I ont connu une très longue carrière, puisqu’elle s’est prolongée jusqu’à la fin des années vingt.

Toutefois, on peut penser que la fabrication de ces moteurs s’est plutôt arrêtée à la fin des années dix, et que les moteurs livrés ultérieurement l’ont été sur stocks, les quantités livrées chaque année au cours des années vingt étant très minimes.

Moteur T6S à 6 cylindres séparés

On constatera, à la lecture de ces tableaux, que d’autres lettres « indice » (A, L, R, Y) sont apparues dans les codes moteur.

Nous n’avons pu déterminer pour quelle raison précise (sauf pour le « A », manifestement pour « aviation »), mais il s’agit à l’évidence de groupes distincts.

Extraits du catalogue des moteurs édité par la marque pour 1912, les dessins reproduits sur cette page et sur les deux suivantes donnent une idée de la vaste gamme de moteurs proposés pour différents usages : moteurs fixes, groupes électrogènes, pompes, moteurs de bateaux ou à usage aéronautique.

5ème génération : moteurs à cylindres parallèles, accolés ou monoblocs.

 Apparu à la fin de l’année 1909, le moteur « monobloc » (indice « U » dans le code moteur) caractérise la dernière génération des moteurs à soupapes Panhard & Levassor.

Ces moteurs ont un arbre à cames pour le 2 cylindres et les 10 / 12 CV ; deux arbres à cames pour les autres.

Quant aux 6 cylindres, ils existent avec des cylindres accolés (dans les deux versions apparues initialement, indice « V » dans le code moteur) ou monobloc. Enfin, il a existé un moteur V12 à usage spécifiquement aéronautique, dont il n’a pas été possible de déterminer s’il était de configuration monobloc par groupe de 6 cylindres, ou à cylindres accolés.

La fabrication des moteurs à soupapes s’est poursuivie assez longtemps en parallèle avec celle des sans-soupapes.

Pour les voitures de tourisme, elle a cessé avec le remplacement de la 12 CV X31, à moteur SU4D2 à la fin de 1922, qui fut monté encore une année sur les utilitaires type K18.

Quelques moteurs d’avion (V 12M) sont encore fabriqués jusqu’en 1925.

Ensuite, quelques vieux moteurs Centaure industriels (S I I et S2I) sont encore livrés sur stock jusqu’à la fin des années vingt. Autre usage proposé par le catalogue des moteurs pour 1912 : le montage sur chariot.

Charly  RAMPAL  (Retranscription de l’étude faite par Bernard Vermeylen à partir des archives Panhard)