HIPPOLYTE-PANHARD est né le 5 octobre 1870 à Hyères. Il est le fils de René Panhard né le 27 mai 1841.

Il fût très tôt un des premiers pilotes automobile.

Emile Levassor l’avait pris sous son aile et il l’avait accompagné dans le premier raid Paris-Etretat le 31 juillet 1890.

C’est au printemps 1893 que la voiture d’Hippolyte Panhard entre dans l’histoire.

Avec l’ardeur de ses 23 ans, le fils du constructeur quitte l’usine un beau matin. Son but ? Il compte tout simplement atteindre Nice en six étapes par la vallée du Rhône et revenir à Paris par la route Napoléon, le Dauphiné et l’Ain : nous sommes en mars et il va utiliser sa propre voiture.

Son oncle Georges Méric l’accompagne, il lui apportera parfois une aide indispensable, mais les lettres d’Hippolyte à son père sont enthousiastes.

Le soir même de son départ, il écrit de Briare où ils sont parvenus sans incident, tout juste un serrage à Melun et un brûleur éteint en forêt de Fontainebleau.

Le lendemain et les jours suivants, dès potron-minet, les forcenés s’élancent sur la route.

Cosne, Nevers, Decize.

A Bonny, ils ôtent le parasol qui « donne prise au vent ».

A Pouilly, ils rencontrent M. Thevenin, qui possède « une charrue à pétrole » et leur cède « 23 litres de gazoline ».

« En traversant les villages, raconte Hippolyte, les gamins, les chiens, les chats et les volailles courent après nous en poussant chacun leurs cris particuliers.

C’est un vacarme épouvantable ». Aux arrêts, on n’oublie pas de laisser des prospectus : ce seront les premiers prospectus de la Maison Panhard, réalisés en 1892.

A noter que c’est ce type de voiture qui sera commandée en trois exemplaire par le Grand-Duc de Russie et qui seront livrées en octobre au Palais impérial de Tsarkoïe Selo et qui sera renommé Pouchkine (en référence au grand poète russe). 

Survient parfois un incident comique semblant sortir d’un film de Mac Sennet : « Malheureusement quand j’ai été acheter de l’essence chez l’épicier, je me suis arrêté derrière sa voiture à bras.

En descendant, j’ai poussé le levier d’embrayage et la voiture en démarrant brusquement a culbuté celle de l’épicier : Coût 10 francs ».

Dans la grande côte du Col de la République qu’ils absorbent « sans descendre de voiture », ils font du 7,500 km à l’heure.

Sur l’autre versant, ils se laissent « glisser sans bruit comme sur du velours » et manquent de prendre feu : les freins chauffent.

Oncle Georges tient « le seau plein d’eau entre ses jambes et à l’aide d’un chiffon humecte constamment le frein ».

Il ne leur faut qu’une semaine pour atteindre Nice.

Le retour s’effectue sans plus d’ennuis.

Un Panhard sur une Panhard a réalisé le premier Paris-Nice en automobile.

La rumeur de cette réussite ne tarde pas à se répandre, ralliant les incrédules et confondant les détracteurs.

En voulant prouver de quoi sont capables les voitures Panhard et Levassor, Hippolyte a inventé le tourisme en automobile, ouvrant la voie à la foule des vacanciers.

Entre le 24 et le 30 novembre 1893, Hippolyte obtient ses titres d’autorisation de circulation dans la capitale.

Ensuite il s’engage dans un Paris-Nice-Monaco en 1893.

En 1894 il participa au concours (qui n’était pas une course) Paris-Rouen où Panhard obtint avec Peugeot (motorisé par Panhard) le premier prix. Il franchit la ligne quatrième ce qui permet à la société Panhard de partager le premier prix (5000 francs) avec la société Peugeot Frères.

L’objectif de cette « course », était de se faire connaitre le plus vite possible, car en 1900, il existe prés d’un millier de marques différentes.

Une terrible bataille commerciale s’engage dans laquelle il faut imposer son produit en vantant ses qualités, et surtout sa fiabilité, car à ses débuts, l’automobile connait encore de nombreuses pannes.

Une idée simple germe dans les esprits : créer des courses automobiles comme il y a des courses cyclistes pour assurer la promotion des meilleures bicyclettes !

La compétition ouvre les yeux d’un public encore très mal informé et qui, en province notamment, n’a encore jamais vu, ni même entendu, ces « bolides » pétaradant el soulevant à leur passage d’immenses nuages de poussière sur des routes caillouteuses non goudronnées et toujours ouvertes à la circulation !

Cette toute première course, plus exactement un « concours de voitures sans chevaux », Paris-Rouen se déroule sur 126 kilomètres le 22 juillet 1894.

Toutefois, ni la performance pure, ni la vitesse atteinte, ni le temps à l’arrivée n’entrent en considération pour le classement final.

Aux yeux des jurés qui ont la lourde tâche de départager les concurrents, trois notions, entièrement subjectives mais primordiales, doivent être respectées pour prétendre à la victoire. Comme le précise le règlement de Pierre Giffard, journaliste au Petit Journal à l’origine de cette initiative historique : « Il faut que l’automobile soit sans danger et sécurisante, pratique, commode et maniable pour le voyageur et, surtout, ne coûte pas trop cher».

Le but est atteint : les marques inscrites à cette manifestation ont saisi une opportunité extraordinaire pour se créer une image conquérante et se forger une belle notoriété. L’épreuve se transforme rapidement en un « défilé » promotionnel qui, soudainement, révèle aux spectateurs les noms des 21 voitures et de leurs concepteurs puisque généralement, par facilité, ces derniers baptisent de leurs patronymes leurs automobiles.

Il participa ensuite à la première course au monde Paris-Bordeaux-Paris en juin 1895 et arriva dans un rang honorable, sa voiture étant une lourde limousine. Il terminera 7ème.

Je vous ai raconté toute cette épreuve avec la victoire de Panhard et Levassor avec Levassor au volant et son mécano Hostingue : ce fut la première véritable course au mode : Panhard et Levassor à jamais les premiers.

Il épouse en janvier 1903, Marguerite Michau, avec laquelle il aura 9 enfants.

En août 1908, il devient à son tour maire de Thiais après le décès de son père au mois de juillet.  

Il est directeur de l’entreprise familiale de 1908 à 1915.,

Puis, ce furent les années de guerre.

Hippolyte fût mobilisé en 1914-15 jusqu’à 1918.

Il demanda alors à son cousin germain Paul, plus jeune que lui et n’ayant pas autant d’enfants que lui, d’assurer la direction générale de l’entreprise.

Hippolyte conserva la présidence jusqu’à 1940.

Auparavant en décembre 1903, il avait créé une deuxième usine à Reims.

Fils unique de René Panhard, il s’impliqua beaucoup dans les premiers exploits de la firme doyenne et transmit à son cousin Paul la présidence en 1940.

Il était en outre Maire de Thiais (94320 dans le Val de Marne), Chevalier de la légion d’honneur, médaillé militaire et Chevalier de l’ordre de Saint Grégoire-le-Grand pour avoir créé des œuvres charitables et financé la construction de l’église Saint Hippolyte dans le 13e arrondissement comme d’ailleurs le carmel de Montmartre !

Président de la commission du tourisme de l’ACF dont il fut un des fondateurs en 1895.


Donateur du Musée du transport et du tourisme (Compiègne).


Il finance des œuvres sociales dans le 13e arrondissement et des écoles à Thiais

Bref une vie exemplaire et bien remplie ( 9 enfants dont 7 ont survécus avec descendants ).


Hippolyte Panhard  meurt le 27 octobre 1957 : il est enterré au cimetière du Père-Lachaise (36e division).

La maison de retraite de Le Coudray-Montceaux porte encore son nom.

Charly RAMPAL avec l’aide de Robert PANHARD, Benoit Perot, les archives de Panhard et Levassor et les récits des courses d’époque.