ALBI A FETE LES 60 ANS DE LA MEP

Une nouvelle page de l’histoire albigeoise a été marquée le 31 mai 2025 par l’inauguration d’une plaque commémorative avenue Gambetta devant l’ancien emplacement du garage d’Emile Pezous dont je vous récemment rappelé ses débuts dans ce département.
Les MEP sont entrées dans la légende des véhicules de course.
Conçues au milieu des années 60 par l’Albigeois Maurice-Emile Pezous, ces monoplaces bon marché et faciles d’entretien, vont connaître de belles aventures sur les circuits de France.
C’est en 1967 qu’elles s’élanceront pour la première fois sur le circuit d’Albi.
GRACE AUX GAYRAUD
À la mort de Maurice-Emile Pezous en 1990, Claude Gayraud, le père de Philippe, passionné par les courses automobiles, en acquiert un exemplaire.
Philippe se prend lui aussi au jeu, sans imaginer que son père et lui allaient contribuer à sauvegarder ce patrimoine roulant.
Mécaniciens aguerris, ils décident de fabriquer un deuxième véhicule identique pour participer tous les deux à des courses.
Le père et le fils se lancent dans la compétition à partir de 1992 et sont sur la ligne de départ de la Coupe de France des monoplaces.
En 1998, Philippe est champion de France et réitère l’exploit en 1999.
Vingt-cinq ans plus tard, la passion est toujours là.
C’est même devenu une histoire de famille, les enfants de Philippe s’étant passionnés pour les véhicules anciens.
J’ai eu l’immense plaisir de faire parti de cette famille de Mépistes piqué par le virus de la compétition et l’acquisition successive de 2 MEP X2 à moteur Panhard bien entendu.
Mais une monoplace et faite pour la piste, la compétition.
Aussi, dès le début des années 90, le plateau des MEP-Monomill sous la direction d’Alain Gawski ; enflammait tous les circuits sur lesquels nous nous produisions officiellement jusqu’en 2002.
A la mort d’Alain Gawski et un changement de mentalité sportive, notre plateau disparaitra du championnat de France.
Néanmoins, les monoplaces et leurs pilotes étaient là, et toujours motivés.
Si, nous les anciens, avons quitté la scène, aujourd’hui, Philippe Gayraud a créé l’AMMA qui participe chaque année à une dizaine de rassemblements de MEP sur des circuits comme Albi, Nogaro, Le Mans ou encore Magny-Cours.
À chaque fois, c’est un plaisir renouvelé de conduire une MEP, d’autant que c’est un véhicule très facile à piloter.
Grâce aux Gayraud les MEP continuent être restaurées, entretenues et évoluer, allant jusqu’à reréer des pièces de rechange pour les collectionneurs.
Aujourd’hui, le pilote d’une des MEP depuis une dizaine d’années, venu de l’Oise, Christophe Grison, nous fait par de ses impressions : « Je reviens tous les ans sur le circuit avec ma voiture qui a été fabriquée à quelques mètres d’ici ! Maurice Emile Pezous avait créé la Formule bleu pour permettre à des jeunes pilotes de s’initier et de démarrer une carrière complète. C’est comme un petit karting, c’est très léger (moins de 400 kg) avec un petit moteur (80 ch) mais les plus pilotes les plus performants roulent à plus de 200 km/h. On est toute une équipe de passionnés. On se prête des pièces détachées, on s’entraide. On est toute une bande de copains qui ne loupent pas cet événement. Et pourtant je suis agriculteur et je dois faire plus de 9h de voiture pour venir ici. »
Albi, le circuit permanent le plus ancien de France (France 3 TV)
Le circuit d’Albi, sur la commune du Séquestre, a vu le jour en 1962.
Mais les grands-prix d’Albi remontent bien plus loin : en 1933 sur le circuit des Planques qui était sur un tracer routier puis sur le circuit Raymond Sommer à partir de 1952.
En 1960, le circuit est interdit aux véhicules trop puissants dépassant les 250 km/h car jugé trop dangereux après plusieurs accidents.
L’une des premières icones de l’époque, c’est Louis Rosier, pilote fameux des années 50. Sa petite fille Elodie a dépoussiéré l’armoire à trophées. « C’était le circuit des Planques, l’après guerre. Mon grand-père est celui qui a remporté le plus de grands prix, 4 exactement. Il a aussi gagné les 24h du mans en 1950. ll est décédé en 1956 suite à son accident sur le circuit de Montlhéry. Nous avons un projet de musée pour raconter toute son histoire. Il était ami avec Juan Manuel Fangio. Il a couru plusieurs fois en Argentine. »
En 1960, l’idée de créer un nouveau circuit autour de l’aérodrome d’Albi voit le jour, validé par le conseil municipal.
Les travaux dureront 2 ans (1961-1962). Une piste de 3 636 m et une capacité de 5 000 places assises et 10 000 possibles sur les buttes.
« C’est un circuit qui est très important en France et depuis longtemps, assure Grégor Raymondis, car c’est le circuit permanent le plus ancien de France encore en activité ».
Le tracer est quasiment le même qu’il y a 60 ans, modifié simplement pour des questions de sécurité en agrandissant les échappatoires et en rajoutant des chicanes pour réduire la sécurité. « C’est un circuit d’attaque avec beaucoup de lignes droites et de gros freinages. C’est un circuit très sympa en compétition. »
Grégor Raymondis et le circuit d’Albi fêteront aussi cette année les 78 ans des grands prix d’Albi.
ALBI est terminée, on pli bagages, mais les MEP continuent…

PHOTOS SOUVENIRS DU PLATEAU MEP-MONOMILL de 1990 à 2002 (Panhard Racing Team)








VIDEO : La course des MEP – ALBI 31 MAI 2025 – Caméra embarquée sur la MEP X27 de Maxime (YouTube)
Charly RAMPAL