Les Etats-Unis ont la route 66 et bien en France c’est la nationale 7 ou la route bleue qui se taille la part de notre nostalgie d’ado… Mais n’est-ce pas surfait ? Quand je descendais à la fin des années soixante vers le Sud de Paris pour me rendre à Marseille ma ville natale, je ne manquais pas l’occasion d’emprunter la Nationale 7 ou la Nationale 6 à partir de Fontainebleau.

Mais le lien est aussi fort avec l’Histoire de Panhard et cette route. En effet c’est Hippolyte Panhard, le Grand-Père de Robert Panhard (qu’il a bien connu ) qui a ouvert la voie en mars 1893 dans son Paris -Nice – Monaco . il a été le 1er automobiliste à arriver jusqu’à Monaco ! D’où cette relation entre la Nationale 7 et Panhard : « A jamais les premiers » !

Le choix se fait alors en fonction de mon aversion pour l’auberge de St Maxence ou le souvenir de Magny-cours.

Mais c’est souvent la 7 qui l’emporte.

En effet la Nationale 7 reste dans tous les esprits comme la route la plus mythique de France.

Saviez-vous pourtant qu’un quart seulement des automobilistes se dirigeant vers Lyon empruntait la Nationale 7 au départ de Paris ?

Et même, êtes-vous sûr de connaitre le tracé exact de la Nationale 7 ?

Et quand on parle de la Route Bleue, qu’est-ce que cela signifie exactement ?

Un peu d’histoire…

Via Aurelia, Route Royale, Route Impériale n° 8, Nationale 7, la Route de Paris à la Côte d’Azur s’est construite sur plus de 2000 ans, et son histoire est loin d’être terminée.

Quelques repères historiques ne seront pas superflus pour la suivre, sachant que chaque région possède son propre passé en liaison avec la Route.

Des chemins commerciaux existaient déjà à l’époque gauloise, mais ce sont les Romains qui vont commencer à quadriller systématiquement le pays, créant ainsi le premier réseau routier structuré dans notre pays.

La position de leur métropole fera de la future N7 l’axe majeur de la Gaule.

Une grande période de troubles suivra l’époque gallo-romaine.

L’isolation des régions et l’absence de pouvoir central ne vont pas favoriser le developpement et l’entretien du réseau existant.

C’est Louis XI qui va le relancer avec la création de la Poste Royale…

Le besoin d’une administration centralisée va conduire à la création du Corps des Ponts & Chaussées au début du XVIII° siècle.

De grands travaux sont entrepris pour entretenir et développer les chemins français.

Napoléon 1er fera poursuivre l’oeuvre de ses prédécesseurs, en créant les dernières liaisons manquantes…

L’arrivée du chemin de fer dans les campagnes va-t-elle sonner le glas des routes nationales ?

Le problème sera posée à la fin du XIXe siècle.

La naissance et le developpement de l’automobile vont rapidement répon-dre à cette question, et les pages d’Or de la Route Paris – Côte d’Azur seront justement écrites au XXe siècle !

L’Ere de l’Automobile

L’une des premières courses automobile eut lieu sur le parcours Paris -Marseille – Paris en 1896.

D’objet de curiosité au début du siècle, l’Automobile va rapidement s’imposer par son aspect pratique, et transformer radicalement le réseau routier.

Le Tourisme se développe, en vélo, en automobile ou en car.

Le Touring Club de France est à l’origine de la construction d’une route littorale le long des cotes de l’Esterel, la célèbre Corniche d’Or.

Pendant la première moitié du XXe siècle, le paysage évolue : les équipages hippomobiles disparaissent, pour le plus grand plaisir des automobilistes dont les crevaisons dues aux clous de ferrage sont nombreuses.

Les routes commencent à être systématiquement goudronnées au début des années 20, la vitesse des engins provoquant d’énormes nuages de poussière.

La signalisation est systématisée.

Toute une économie se développe le long des routes : garages, poste, d’essence, hôtels, restaurants, etc

On commence à remplacer les passages à niveau par des ponts, les chaussées sont élargies, les villes et les villages doivent être déviés dans le futur : la priorité est donnée à la vitesse.

Une nouvelle Corniche, plus roulante, est construite entre Nice et Menton.

A la fin des années trente, le réseau français est un des meilleurs du monde.

La guerre, puis les difficultés qui suivent vont lui faire prendre un retard dont il ne se remet doucement qu’aujourd’hui.

En effet, du fait de la qualité générale du réseau et malgré les destructions de 1940 à 1944, les pouvoirs publics ne considèrent pas la construction d’autoroutes comme une priorité.

L’augmentation du trafic et la multiplication du transport routier dans les années 50 et 60 vont faire évoluer les mentalités.

Des embouteillages monstres parsèment la route, particulièrement au moment des vacances : un programme autoroutier devient indispensable, il avancera à la vitesse d’un.., escargot !

Ainsi, la N7 s’anime et se colore : embouteillages interminables à Fontainebleau, pauses dans les guinguettes ligériennes, haltes gourmandes chez les marchands de melons du Val de Loire ou de pêches de la vallée du Rhône. Chaque étape devient une invitation à la découverte : la cathédrale de Nevers, le château de Villeneuve-l’Archevêque, les marchés d’Orange ou de Montélimar, où l’on s’attarde pour savourer les fameux nougats.

Entre deux escales, la route révèle une France authentique et chaleureuse : celle des petits bistrots, des marchés animés, des hôtels familiaux et des campings ombragés — une vie simple et vivante qui se déroule, doucement, au fil des kilomètres.

On pouvait s’arrêter pour un pique-nique en pleine nature : c’est du vécu (je suis tout à gauche) :

Certain y faisait un bonne sieste :

En 1970, l’ouverture totale de l’autoroute entre Paris et Marseille fera entrer la grande Histoire des Routes de France dans une ère nouvelle et payante, les routes nationales, considérées comme dangereuses étant orientées maintenant un trafic plus local : Dommage !

Aujourd’hui, la N7 attire les nostalgiques, les adeptes du  » slow Nivel »», les passionnés de voitures anciennes et de patrimoine routier Festivals, expositions et rassemblements d’automobiles d’époque célèbrent son histoire et perpétuent la tradition des routes mythiques.

Entreprendre un road trip sur la légendaire Nationale 7 avec une voiture de cette époque, reste une expérience pleine de charme si l’autoroute a détourné une grande partie du trafic, l’itinéraire conserve de nombreuses étapes pittoresques, des paysages variés et des lieux profondément liés à l’histoire de la route des vacances, avec une voiture que j’avais l’habitude de bichonner !

Charly  RAMPAL      

 Photos d’époque de l’INA et de celles de ma famille avec notre Dyna Z16