C’est du 3 au 13 octobre 1956 que le 44ème salon de Paris que le stand D.B. confirmait la production des coupés HBR dont le prototype avait été présenté lors du salon de Paris en 1953.

Pour ce faire, Deutsch & Bonnet avaient conclu un accord de production avec la direction des usines Chausson de Gennevilliers qui venait précisément de créer un département « carrosseries plastique ».

Responsable de ce nouveau département, Robert Sobeau est un spécialiste du stratifié de verre et polyester qui vient de la SIOP où il a déjà participé à la fabrication du coupé Marathon réalisé avec ce matériau encore peu courant.

La production régulière des coupés HBR 5 débute chez Chausson au cours du premier trimestre 1955, avec un contrat qui stipule la réalisation d’une série limitée à cent exemplaires afin de permettre l’homologation de la DB en classe Grand Tourisme.

Lorsque ce contrat parvient à son terme au début de 1957, les dirigeants de Chausson souhaitent reprendre leur indépendance et libérer leurs locaux de Gennevilliers mais ils ont de bons rapports avec Charles Deutsch et René Bonnet.

En ce mois d’octobre 1956, il restait environ une tretaine d’ensembles à fabriquer pour arriver au terme du contrat signé avec E.P.A.F. pour la fabrication de 100 unités qui seront terminés courant 1957.

Chausson avait rempli son contrat qui avait coûté beaucoup d’investissement : une si petite série non prévue au départ ne justifiait pas la signature d’un nouveau contrat.

Ce qui compmtait avant tout c’était d’avoir prouvé à tous ses clients constructeurs automobile qu’il était à même dans une nouvelle matière de leur donner satisfaction et d’aider le petit constructeur E.P.A.F./D.B. qui était aussi grand dans le monde du sport automobile que l’était Chausson dans le monde de l’industrie automobile.

La société E.P.A.F./D.B. se trouvait dans une position très délicate pour son avenir concernant les coaches HBR 4/5, mais Chausson, toujours correct dans cette histoire, les rassura en leur promettant de ne pas les abandonner et en les garantissant de leur assistance lors de la création d’un nouveau site de construction, d’autant plus que leur coupé HBR 5 rencontre un succes certain auprès des conducteurs sportifs.

Les recherches commencèrent aussitôt et plusieurs solutions seront envisagées et une très sérieuse sera retenue.

Charles Deutsch étant chargé de missions auprès du ministre du commerce et de l’industrie, Monsieur Maurice Lemaire (également député des Vosges) permettra à Chausson et E.P.A.F. de se mettre en rapport avec le propriétaire d’une usine située dans les Vosges et appartenant à Monsieur Martin (ex-tissages Henri Martin).

La direction de Chausson accepte donc de participer à l’établissement dans les Vosges d’une nouvelle entreprise appelée initialement SPCAV (Société plastique de construction automobile des Vosges), rapidement rebaptisée plus simplement SPV (Société Plastique des Vosges).

Chausson autorise Robert Sobeau à quitter l’usine de Gennevilliers pendant six mois, le temps d’organiser la production de la nouvelle société vosgienne qui sort son premier coupé HBR 5 le 11 juin 1957.

La version 1957 du coupé D.B. reste très proche de celle vendue l’année précédente.

On note seulement une petite différence dans la forme du capot dont le léger pli central n’existe plus.

Les butoirs de pare-chocs ont également disparu.

Le coupé HBR 5 est toujours livrable en finition Standard ou Luxe avec une nouvelle option pour toit ouvrant Vistadome.

LES AUTRES SURVIVANTS : ARISTA ET PICHON-PARAT

ARISTA

Le joli coupe Passy ne parvient pas à s’imposer et ses ventes restent insignifiantes à cause d’un prix trop élevé (superieur a 1 200 000 F) .

Du coup,  il n’a pas du tout évolué depuis son exposition au Salon de Paris de l’année précédente.

Rappelons qu’il s’agit d’un modèle à quatre places (celles de l’arrière semblent vraiment mesurées) établi sur la base de la traction avant Dyna Panhard.

Son moteur est donc un bicylindre à plat refroidi par air de 850 cm3 (85 x 75 mm), développant 42 ch a 5 000 tr/mn et autorisant une vitesse d’environ 135 km/h.

Le coupe Arista est commercialise par la société Savam qui — heureusement pour elle — a d’autres sources de revenus, notamment avec la représentation de la marque allemande Maico pour laquelle elle a loue le stand 13 dans is grande nef du Salon de Paris 1956.

PICHON PARAT

Enfin, pour mémoire, Pichon Parat qui avait carrossé un break Dyna Z et autres Dolomite, abandonne la mécanique Panhard pour celui de la Dauphine Renault. Cependant, les deux carrossiers de Sens consolident leur réputation et cette année, ils ont même l’honneur de travailler pour le prestigieux styliste américain Raymond Loewy.

Charly  RAMPAL  avec les informations et photos que Robert SOBEAU m‘avait passés.