LE SALON 1956 CHEZ PANHARD

Après le succès du « salon 1955 » essentiellement dû à la présentation de la DS19, celui d’octobre 1956 semble bien plus terne.
Vingt-deux constructeurs français de voitures particulières occupent un ou plusieurs stands dans la nef principale du Grand-Palais.

Ils montrent la plupart des modèles 1957 mais pas tous car certaines nouveautés n’apparaîtront qu’en cours d’année, l’Ariane de Simca par exemple.
A côté de ces vingt-deux marques présentes au Salon 1956, il convient d’ajouter sept petites entreprises qui n’ont pas les moyens ou le besoin de louer un stand sous la verrière du Grand-Palais, ou qui exposent au Salon des deux-roues organisé au Parc des Expositions de la Porte de Versailles.
Les vingt-neuf producteurs, grands ou petits, qui participent à notre industrie automobile nationale de 1957 offrent un choix de 65 voitures (toutes variantes et versions dérivées confondues).
LE STAND PANHARD

A l’occasion de ce 44ème Salon de l’Auto de Paris, le stand Panhard mettait en valeur deux nouveaux modèles pour compléter sa gamme : un cabriolet déjà présenté au Salon de 1956

et la berline Grand Luxe qui vient s’intercaler entre entre la Luxe de base et la Luxe Spécial.


AMBIANCE CHEZ PANHARD
Elle est plutôt optimiste depuis son accord avec Citroën en 1955, la firme de la Porte d’Ivry semble bénéficier d’un ballon d’oxygène grâce à l’avantage qu’elle a obtenu de pouvoir distribuer ses Dyna par l’intermédiaire du réseau Citroën.
De 19.289 voitures en 1955, la production est passée à 25.703 en 1956 et elle progresse encore en 1957 avec 37.991 Dyna sorties d’usine.
Poursuivant sa démarche engagée après le Salon de Bruxelles de janvier 1956, Panhard a racheté les droits pour produire le cabriolet Dyna du carrossier belge Albert d’Ieteren.

Après quelques petites modifications pour l’adapter aux normes françaises, cette décapotable aux lignes agréables est annoncée à la presse en septembre et lancée au Salon d’octobre 1956.
LES NOUVEAUTES TECHNIQUES
Comme toutes les Dyna 1957, le cabriolet reçoit de nouveaux feux rouges constitués de gros globes peu esthétiques mais bien visibles.
L’éclairage de plaque des Dyna passe du coffre aux pare-chocs arrière et les phares sont coiffés d’une visière.
La gamme Dyna du Salon 1956 se compose de deux berlines (Luxe et Luxe Spécial) et du nouveau cabriolet, auxquels s’ajoute le taxi encore proposé cette année en versions Luxe et Luxe Spécial.
Une nouvelle berline Grand Luxe est créée au printemps 1957.
LE MILLESIME 1957 : RETOUR A L’ACIER
La nouvelle gamme des Dyna Z de 1957 sera présentée au restaurant « Les Ambassadeurs » le mercredi 5 septembre 1956 en avant première du Salon de Paris.
Et c’est là que nous apprenions par la bouche même de Jean Panhard et 3 ans après sa naissance que cette voiture « unanimement jugée révolutionnaire, unique en son genre et très en avance sur la construction mondiale, mérite-t-elle encore, aujourd’hui, ces qualificatifs ?» : c’est un recul technique !
Trop chère à produire et sous la pression maintenant de Citroën, toute « avant-gardisme » audacieux de la marque leur sera interdit.
Une page se tourne et la personnalité de la nouvelle Z diffère profondément de celle de son aînée.
Désormais, l’aluminium est totalement abandonné au profit de l’acier dans la construction de la caisse.
Le pur-sang d’hier, rapide et léger, devient une automobile plus raisonnable et plus accessible à l’automobiliste moyen.
La doyenne rentre dans les rangs et la hardiesse paient souvent un lourd tribut à la logique commerciale.
Aussi, pour cacher ce « arrière toute », Jean Panhard se polarise sur « les 22 perfectionnements pour 1957 » !
« Ce millésime doit être, dans l’histoire de la Dyna depuis son lancement, sa meilleure année de production, en qualité et en quantité.»
Propos prophétiques, puisque la Dyna s’apprête à battre des records de production.
La voiture s’est alourdie de quelque 150 kg depuis 1955, aussi le bureau d’études s’est-il attaché à revoir les suspensions : à l’avant, la nouvelle suspension « isodyne à réactions compensées » adoucit le freinage des oscillations à haute fréquence, par exemple sur mauvais pavés, grâce au montage de nouveaux amortisseurs télescopiques, dits « oléopneumatiques ».
À l’arrière, un perfectionnement apporté aux Houdaille à bras pivotant les rend isodynamiques, c’est-à-dire à action égalisée par compensation.
Enfin, un nouveau pivot de direction achève de rendre à la-Dyna un comportement routier pratiquement digne de celui des modèles tout alu, d’autant qu’en cours de millésime (mars 1957) la voiture recevra des amortisseurs télescopiques aussi à l’arrière.

À ceux qui doutent encore de la fiabilité de la mécanique, Panhard répond en rappelant les perfectionnements représentés par le moteur M5 et le fait que la boîte de vitesses a été largement renforcée depuis fin mai.
Pour remédier aux problèmes d’étanchéité, on monte un nouveau caoutchouc de pare-brise et de lunette arrière.
Au cours de cette conférence de presse, Jean Panhard annonce officiellement le lancement du cabriolet, qui sera commercialisé au début de 1957, et confirme la conjugaison prochaine des réseaux commerciaux Panhard et Citroën : « Le travail en commun qui va s’instituer entre nos deux réseaux permettra de coordonner nos efforts. À une concurrence qui fut toujours courtoise succédera une collaboration confiante. »
On se rassure comme on peu…
Charly RAMPAL Archives Panhard et informations complémentaires de Serge BELLU