LA PANHARD ET LEVASSOR P2D PHAETON DE 1895

Le modèle présenté est l’une des premières versions de voitures avec un moteur à pétrole.

Cette voiture est identique au modèle P2C conduit par Emile Levassor qui partit le 11 juin 1895 et qui roula 48heures et 48 minutes pour faire figurer son nom et celui de Panhard sur la première page du livre d’ordes courses automobiles.

Il devint ainsi le premier ambassadeur de la locomotion à moteur en province.

CARACTERISTIQUES

COMMENT CA MARCHE ?

Tiré du premier catalogue destiné à vendre cette toute première voiture, voyons en le mode opératoire…

« Mise en marche du moteur :

On allume les petites flammes extérieures des brûleurs qui, au bout d’une minute ou deux, portent au rouge les tubes de platine ; on ouvre ensuite un robinet régulateur au point convenable, puis, en agissant sur une petite manivelle placée à l’avant, on imprime au moteur quelques tours de façon à provoquer une première explosion.

Dès que cette explosion s’est produite, le moteur se met immédiatement en marche ; on règle ensuite le robinet du gaz au point voulu pour la marche normale.

Mise en marche de la voiture :

Le conducteur saute alors sur son siège et il est prêt pour partir.

Il se met d’abord au cran de la petite vitesse, puis, avec le grand levier placé à sa droite, il produit l’embrayage du moteur et par suite le démarrage de la voiture.

On accélère la marche en passant la 2ème puis la 3ème vitesse.

Lorsqu’on est en route, l’embrayage et le débrayage du moteur se font avec une pédale.

C’est plus commode et plus prompt que d’agir avec le grand levier. 

Provision de gazoline :

Le carburateur contient de la gazoline pour une marche d’une heure et demie environ.

Lorsqu’il est vide, ce qui est indiqué par la tige du flotteur, on le remplit avec une petite pompe en caoutchouc qui puise dans un petit réservoir d’une contenance d’environ 6 litres.

Eau :

Pour rafraîchir les cylindres du moteur, il est nécessaire d’emporter une faible provision d’eau, que l’on doit renouveler dans les longs parcours.

Vitesses :         

La voiture, selon l’état de la route, peut marcher à trois vitesses différentes d’environ 5, 10 et 16 kilomètres à l’heure.

Un petit levier, placé sur le côté et près du coffre de la machine, sert à passer d’une vitesse à l’autre.

La grande vitesse pourrait être dépassée, mais cela ne serait pas à conseiller dans la généralité des cas, car, déjà à 16 kilomètres, il faut de la part du conducteur une grande attention.

Arrêt du moteur :

Le conducteur débraye le moteur avec le levier de droite, puis descend.

Il éteint les flammes des brûleurs, ferme le robinet régulateur.

En une minute, c’est fait.

Nous résumons les qualités de notre voiture :

Elle est confortable et très stable.

Le moteur est léger et facile à entretenir.

Il ne dégage pas d’odeur, la mise en marche est très rapide, les manœuvres faciles et la sécurité très grande.

La surveillance du moteur est pour ainsi dire inutile ; le carburateur étant chargé, on est tranquille pour une heure et demie.

La dépense est très faible et on peut emporter sous un faible volume une provision de gazoline pour une très longue marche. »

LA PANHARD ET LEVASSOR X19 DE 1919

C’est la dernière Panhard et Levassor équipée d’un moteur à soupapes, qui a durée jusqu’en 1924 en parallèle avec les séries sans-soupapes qui précéda l’arrivée de notre bicylindre en 1949.

10 CV TYPE X19 MOTEUR – Type SU4D à soupapes.

4 cylindres monobloc. 2150 cm3 (70 X 140 mm). Vilebrequin à 3 paliers. Graissage par barbotage, sans pompe. Allumage par magnéto. Carburateur Panhard. Refroidissement par eau avec pompe.

TRANSMISSION – Embrayage à disque unique. Boite 4 vitesses. Flector.

CHASSIS – Direction à vis et écrou. Freins micabques avec tambours AR. Suspension AV et AR par ressorts à lames Ioncitudnant. Poids du châssis nu : 710 kg.

DIMENSIONS – Empattement : 289 cm. Voie :138 cm. Pneus : 760 X 90 PRIX (tarif du 17/ 4 20) Châssis nu : 26 000 F ; torpédo d’usine : 34 200 F.

IDENTIFICATIONS

LA X19 VERSION TORPEDO

Ce qui est notable pour la X19, c’est que ce modèle a véritablement été un grand succès, à l’instar des 6CS des années trente.

Charly  RAMPAL   Photos Michel PARCA   Archives Panhard fournies par Philippe KREBS